On a goûté la chauve-souris à Tentena

On a goûté la chauve-souris à Tentena

Parce que se rendre aux îles Togian est un véritable périple (on vous expliquera tout ça plus tard) et qu’on en a marre de faire le grand chelem des transports, on a décidé cette fois de couper la poire en deux, et donc de faire un stop à Tentena au milieu de Sulawesi.

Rantepao – Tentena : 350 km à parcourir en… 13h de bus

Si on s’est arrêté à Tentena c’est aussi parce qu’en soi, cette ville est accessible en plus de 10h de trajet depuis Rantepao en pays Toraja : au final, cet arrêt était donc un peu obligatoire. Nous étions les seuls touristes dans le bus, entourés de quelques Indonésiens toujours aussi gentils.

La route n’étant pas toujours en très bon état, certains km furent très longs à parcourir. Les passages en montagne aussi furent un peu compliqués car la route ne faisait que tournicoter ! Heureusement, il ne faisait pas trop chaud, le trajet est plutot bien passé même si on doit avouer qu’on avait mal aux fesses à cause des sièges pas très confort. Et puis on aura fini la journée avec un bel orage en pleine nuit, ne comprenant pas toujours pourquoi notre chauffeur s’arrêtait assez souvent et parfois ne mettait pas ses pleins phares alors qu’on ne voyait rien sur la route…

Ca, c’est la pause pipi sur les 13h de trajet

Après ce long périple et après avoir admiré de beaux paysages de montagne et de campagne, nous sommes arrivés à Tentena et nous avons vite filé à l’hôtel nous coucher. On est un peu devenu des papi mamie ! 😉

Direction le marché de Tentena

Après une nuit pas très bonne mais pas non plus trop mauvaise, et surtout après un super petit déj, nous avons mis les voiles vers les environs de Tentena en scoot.

#BonASavoir : nous avons oublié de le préciser dans notre précédent article, mais en Indonésie on conduit à gauche ; il faut donc changer ses habitudes !

Une journée qui commence avec ça ne peut être qu’une bonne journée

A 2 km de la ville se trouve en effet le marché de celle-ci, dans des locaux de style vieux bâtiments miteux qui donnent pas envie du tout d’acheter mais on ne s’est pas arrêté à cette première impression et on a visité, comme tout bon touriste qui se respecte, le marché. Nous avons retrouvé les traditionnels petits piments qui parfument (que dis-je, qui arrachent !) les plats indonésiens, les ananas, les papayes, haricots, aubergines, poissons, pouletscitrons etc…

Stand de marché

Mais surtout nous avons trouvé ce que les locaux consomment ici : des chauve-souris ! Honnêtement c’est moche à voir, les ailes découpées d’un côté, les corps sans les ailes découpées de l’autre, la bouche grande ouverte avec leurs petites dents qui resortent, c’est juste dégoûtant ! Ici c’est la spécialité locale, les gens étaient contents qu’on observe ces petites bêtes sur les étalages malgré nos têtes surprises.

Vous prendrez bien un peu de chauve-souris ?!
Et là, les ailes de chauve-souris

Un peu plus loin, un marchand nous a montré un python anaconda qui dormait dans un bocal ; ici le python c’est comme les chauve souris, ça se mange ! Nous ça nous a juste fait flipper comme quand notre guide en pays Toraja nous a raconté cette sombre histoire d’un pauvre Indonésien avalé tout cru par cet horrible animal de la région.

Un peu plus loin, les cascades de Saluopo

Reprenant notre bolide, nous avons fait ensuite escale aux Saluopo waterfalls, où là encore nous serions les seuls touristes du coin. Les cascades de Saluopo ne sont pas immenses (du moins c’est assez rapide à visiter) mais elles sont très jolies et la fraîcheur fait du bien dans cette chaleur humide harrassante !

Nous devant les cascades de Saluopo

Un peu plus loin encore, Siuri Beach sur le lac Poso

Après cette petite visite nous avons fait demi tour puis nous avons traversé un petit village balinais très charmant puis nous avons parcouru la campagne et les petits villages du coin en longeant finalement le lac Poso pour nous arrêter sur la minuscule plage de Siuri Beach. Sable jaune parfait, eau claire, quelques transats dépendant du cottage qu’on avait squatté, un endroit super tranquille pour une petite pause agréable.

Siuri Beach

Retour vers Tentena

Après une petite baignade nous avons fait chemin arrière, traversant de nouveau des rizières, des petits hameaux et surtout des plantations de cacao (il y en a partout ici). Toutes les 5 minutes nous avions droit à un « hey mister ! » (même pour les filles, ils disent Mister) et à un « how are you ? » avec les grands sourires des locaux qui comme toujours étaient contents de nous voir. Les enfants se postaient eux sur la route pour taper nos mains puis rire à grands éclats. En fait quand on vit ça, on est juste trop heureux 🙂 Notons aussi qu’on a vu un paquet d’arbres de Noël tous aussi mignons les uns que les autres : pour les catholiques en effet Christmas is coming ! Mais plutôt que de décorer des sapins, ici les locaux fabriquent eux-mêmes ces arbres de Noël à l’aide de cartons, bouteilles en plastique, sacs plastiques colorés découpés… Et ils peignent le tout, c’est très inventif et varié !

Eglise colorée
Le raffinement des Indonésiens : toujours plein de fleurs et de plantes devant les maisons

Une fois à Tentena, nous avons observé la vie de la ville, notamment celle depuis le vieux pont en bois qui permet de traverser la rivière. De là, on peut observer plein de petites maisons sur pilotis, églises, mosquées et au milieu, des pièges à anguille, une autre spécialité de la région ! Ici, les différentes religions se côtoient sans aucun problème et les édifices religieux sont parfois kitch mais souvent très beaux.

Vieux pont en bois de Tentena
Vue sur Tentena et les pièges à anguilles
Vue sur Tentena et sur les pièges à anguilles

On en profitera aussi pour déguster un plat qu’on n’avait pas encore essayé : le « gado-gado » = plat constitué de haricots verts, pousses de soja, riz et pommes de terre recouvert d’une sauce aux cacahuètes. C’est super bon !

Le gado-gado

Après notre petit périple nous ne serons pas mécontents de nous poser un peu à l’hôtel qu’on avait juste pour nous. A propos, il faut noter que même si les chambres n’étaient pas les meilleures qu’on ait trouvées en voyage car un peu sombres et vieilles, le staff ici était au top ! On a adoré Noni, jeune Indonésienne d’une vingtaine d’années qui a appris l’anglais toute seule et qui adore partager ce qu’elle connaît de sa région. Elle est également de très bon conseil pour ce qui est des transports, dans notre cas pour rejoindre Ampana au nord (cf infos pratiques en fin d’article). Et cerise sur le gâteau, elle nous a offert au moment de notre départ le lendemain des petits sachets de clous de girofle, ça sent juste trop bon ! (On avait oublié de le préciser mais c’est aussi une spécialité de la région, les locaux en font sécher à tous les coins de rue)

#BonASavoir : les plaques d’immatriculation des transports publics ici sont de couleur jaune. Si un minibus vous propose de vous emmener mais que la plaque d’immatriculation n’est pas jaune, cela veut dire que c’est une arnaque !

Enfin, on peut faire une petite parenthèse ici sur une autre excursion que nous avons pas faite faute de temps : la vallée de Bada à 3h de route de Tentena abrite 14 mégalithes qui font penser à ceux de l’île de Pâques, rien que ça ! Si vous avez le temps, cela peut donc valoir le coup d’oeil.

Enfants rencontrés en chemin

« Dégustation » de chauve-souris

Et c’est là que le moment tant attendu arriva : nous sommes resortis dîner, l’idée en tête de goûter la fameuse chauve-souris qu’on avait aperçue en nombre au marché. On était plutôt optimiste sur la chose ! Sauf qu’en arrivant là où se tiennent tous les Warungs du coin et en découvrant dans les devantures de ces petits boui-boui un peu cra-cra à quoi ressemblait la chauve-souris cuisinée, on s’est un peu… décomposé ! Faut dire que ça ne donnait PAS DU TOUT envie.

Le plat de chauve-souris en devanture d’un Warung…

Mais comme on est courageux, on a quand-même tenté l’expérience en choisissant un des petits stands de rue où la tenancière qui ne parlait pas anglais nous a écrit sur un papier qu’on payerait 10 000 roupies pour une petite portion de plat (la vilaine, elle nous fera payer 15 000 roupies à la fin du repas !). On s’est installé au fond du stand, à côté des bananes un peu pourries et du poisson autour duquel se baladaient plein de fourmis (miam), on a observé la cuisine qui était dans un sale état, et on a prié pour ne pas tomber malade (surtout que le lendemain c’était journée transport !!). Puis la dame nous a apporté un plat de chauve-souris avec deux portions de riz et des légumes. Ca n’avait pas changé depuis l’image qu’on avait du plat en vitrine : ça ne donnait pas du tout envie.

La cuisine là où on a mangé…

On a quand-même goûté. Verdict : la chauve-souris a le goût de pâté recouvert d’un mélange hyper épicé (ça arrache la gueule là encore il faut l’avouer) mais surtout la chauve-souris c’est bourré de petits os partout, tu ne les vois pas, tu les croques à moitié, tu te dis que c’est immonde, tu passes finalement ton temps à mettre tes doigts dans la bouche pour recracher plus de la moitié de ce que tu tentes de manger… Quant aux ailes de la chauve-souris n’en parlons pas, c’est comme du caoutchouc et c’est impossible à mastiquer. En bref, la chauve-souris c’est dégoûtant !!!

Nous mangeant de la chauve-souris

Après cette super expérience on s’est réfugié dans un petit resto pour partager à 2 un plat de nouilles frites histoire de corriger le tir de ce dîner peu réussi. Rien à faire, la chauve-souris nous avait coupé l’appétit.

Suite à cette bonne petite journée, nous avons repris les transports pour la ville d’Ampana, qui sera notre point de départ en ferry pour rejoindre les îles Togian. Après 4h de route pour une bonne partie très jolie (nous étions encerclés de cocotiers), nous avons débarqué au Marina Cottages, un spot bien cool un peu à l’écart de la ville qui n’a pas d’intérêt et où on aura pu se poser un peu avant cette nouvelle journée de trajet en mer.

Ca c’est quand Claire se prend pour une artiste (ou plutôt que ça bouge trop dans la voiture pour prendre une photo…)
Ampana Cottages
Sunset sur Ampana

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Infos pratiques (taux de conversion : 10 000 IDR = 0,62 euro) :

  • Bus Rantepao – Tentena : 170 000 IDR / personne avec la compagnie Rappan Marannu (on peut aussi prendre la compagnie Ketty), entre 12 et 14h de trajet
  • Moto taxi pour rejoindre le centre de Tentena (3 km de distance avec l’arrêt de bus) : 15 à 20 000 IDR / personne
  • Hôte Victory à Tentena : 150 000 IDR pour une chambre avec sdb indonésienne (toilettes à la turque et eau froide) / 250 000 IDR pour une chambre avec sdb à l’occidentale + petit déj (très bon !), eau / thé / café à volonté
  • Location de scooter à Tentena : 100 000 IDR / jour, essence comprise
  • Prix d’entrée aux chutes de Saluopo : 20 000 IDR / personne
  • Pour manger à Tentena : tous les Warungs se situent entre les 2 ponts ou sur l’avenue principale de la ville ; sinon, le resto Kayuku Foodshop propose des plats indonésiens à prix raisonnables ainsi que des plats occidentaux (burgers, spaghettis, milkshakes…)
  • Pour rejoindre Ampana depuis Tentena : il n’y a pas de bus direct mais 2 solutions s’offrent à vous ; soit prendre une voiture privée, intéressant si vous êtes plusieurs (prévoir entre 500 et 800 000 IDR la voiture) ; soit prendre les transports publics à savoir un bémo entre Tentena et Poso puis un autre reliant Ampana. Attention, les chauffeurs essayent d’arnaquer les touristes au terminal de Poso, mieux vait s’arrêter avant le terminal à l’intersection de la route allant vers Poso avec celle allant vers Ampana. Prix : 40 000 IDR / personne de Tentena à Poso puis entre 80 et 100 000 IDR / personne entre Poso et Ampana ; compter 4h de route environ au total. Nonni au Victory Hotel peut tout arranger pour vous en réservant vos sièges, c’est bien pratique !

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