Passage du péage Cambodge – Laos

Passage du péage Cambodge – Laos

Il est temps pour nous de quitter le Cambodge afin de nous rendre à l’antépénultième pays de notre voyage (et oui déjà !!) : le Laos.

Avant de passer à la frontière, nous avons fait un bref retour à Phnom Penh pour raccompagner la maman de Claire à l’aéroport et nous avons aussi eu le plaisir de revoir Claire et Florian qui nous ont gentillement accueillis pour une nuit et préparé un super repas (avec du vin et du rhum délicieux !!!). Cela a aussi été l’occasion de débriefer avec eux de notre séjour.

Apéro 🙂 🙂 🙂

La frontière Cambodge – Laos

Pour passer la frontière, rien de plus « simple » : il suffit de prendre un bus vers Kratie, ville étape où nous avons passé une nuit (on peut aussi y voir des dauphins d’eau douce mais apparemment il n’y en a plus beaucoup…) puis prendre un transfert direct vers le Laos, pour nous en direction de l’île de Don Khone dans la région des 4 000 îles.

Alors autant vous dire qu’on avait lu pas mal d’articles sur ce passage de frontière mais on ne s’attendait pas à ce qui allait arriver (suspense !!).

Il faut savoir que le visa pour le Laos peut se faire sur place pour la somme officielle de 30$ pour les Français. Or il semble que les douaniers cambodgiens et laotiens demandent également chacun 2$ pour apposer leur tampon sur le passeport (oui oui…et 1$ si vous arrivez après 16h ou le weekend ou pour n’importe quel prétexte en fait… Heureusement un gentil monsieur dans un restaurant à la frontière vous proposera de prendre votre passeport et la somme de 35$ et s’occupera de toutes les démarches pour vous afin que vous vous « relaxiez »… Bref on appréhendait pas mal ce passage de frontière, avec l’idée de suivre l’exemple de nombreux voyageurs qui avant nous avaient tenté de résister à cette forme passive de corruption (en réalité surtout Claire, moi (Arnaud) je craignais que le chauffeur de bus n’attende pas de l’autre côté si d’autres touristes faisaient le choix de passer par le passeur). Alors oui, 10$ c’est pas beaucoup (même si non négligeable pour nous car cela représente  une nuit d’hôtel), mais c’est surtout par principe de ne pas entretenir ce système qui prend les touristes pour des vaches à lait que nous ne voulions pas payer.

Dans le van en direction du Laos

Dans la pratique, c’est entassés dans un van comme des sardines que nous partons de Kratie afin de rejoindre la ville frontalière de Stung Treng où après 1h d’attente nous avons finalement embarqué à 10 touristes dans un autre van (ou ce qu’il en restait) direction la frontière ! Après une petite heure de piste et aucune trace de vie alentour, nous voilà bien arrivés à la frontière… où un monsieur nous attend avec les formulaires et vous avez compris, tout se passe comme prévu 🙂 Claire dans sa grande finesse demande directement combien coûte le visa à ce monsieur, qui répondra 35$… auquel Claire répondra : « Ben non c’est 30$ pour les Français, pourquoi 35$ ? » ; à partir de là il ne lui adressera plus la parole, ça commence bien ! On arrive finalement à récupérer les papiers et à les remplir en se demandant si on donne les 35$ ou si on passe nous-mêmes au risque que le bus ne nous attende pas de l’autre côté. A part deux autres Français, nos autres amis touristes ne semblaient pas avoir poncé le sujet de la frontière comme nous mais ils trouvent ça bizarre de donner son passeport et 5$ de plus que le visa. On décide donc tous ensemble de passer la frontière par nous-mêmes : première victoire, nous sommes gonflés à bloc !

La frontière côté Cambodge

Après ne pas avoir dit au revoir au monsieur (qui tirait bien la gueule), nous arrivons à pied au poste frontière cambodgien qui ressemble à un grand batiment désert. Certains douaniers sont dehors allongés, bref on en a fait des frontières à pied et celle là n’a vraiment pas l’aspect solennel et officiel auquel on peut s’attendre. Nos passeports donnés aux douaniers, le « stamp 2$ » ne manquera pas à l’appel. Un Français devant nous nous demande alors si c’est normal et on lui dit que non, il refuse donc de payer arguant le site internet de l’ambassade donnant le prix normal du visa. D’ailleurs, il est bien sûr indiqué nulle part qu’il faut payer 2$ et vous pouvez leur demander : aucun papier ne le stipule. Le douanier fait la moue et lui rend rapidement son passeport, faciiiiile qu’on se dit ! Deux touristes plus pressés paieront. Puis le reste refusera un à un sauf que les douaniers ne nous rendent pas nos passeports et n’ont que « stamp 2$ » à la bouche. Unis, nous attendons en sifflotant, Claire menaçant d’appeler l’ambassade et les douaniers se rendent alors bien compte qu’ils n’auront rien de nous, même en faisant mine de partir. Ils jetteront nos passeports tamponnés, résignés : deuxième victoire !!

Rassurés dans notre démarche, nous arrivons maintenant au poste frontière laotien et là c’est pas le même délire. Une petite dame derrière une petite fenêtre nous demande nos passeports, une photo d’identité ainsi que 31$ pour le visa. 31$ ?? Ben oui on est le weekend donc y a 1$ de « frais ». D’accord mais c’est marqué où ? Clac, la fenêtre qui se ferme sera la seule réponse à cette question. Sans visa, compliqué de rentrer dans le pays, nous n’avons donc d’autre choix que de lâcher ces 1$ chacun. Après un petit temps d’attente, le douanier appelle la première personne, toujours le même Français, qui refuse de nouveau de payer quand le douanier lui demande là encore 2$ de tampon. Même conséquence, le douanier ne lui rend pas son passeport. Les deux pressés paieront de nouveau et le reste refusera. On aura beau demander de nous montrer où il est précisé qu’il faut payer ces 2$ nous n’aurons aucune réponse. C’est bien la première fois en 7 mois de voyage que l’on nous demande de payer pour des tampons de passeport. Après plus de 30/45 min d’attente et un car de passeports chinois tamponnés en express, le chauffeur de notre van déjà bien stressé nous met la pression pour qu’on paye les 2$ en nous disant que dans 10min il part. Nous, on lui dit simplement qu’on a pas d’argent, qu’on a dit au dounier qu’on a pas d’argent donc que ce n’est pas possible. Lui répète qu’il n’a plus le temps et propose même d’aller à la ville où on doit prendre le bateau pour retirer de l’argent et revenir (quel gain de temps…). Et là ca part en cacahuète : le chauffeur descend certains sacs des Français qui attendent avec nous et commence à monter dans le van avec les 2 pressés. Sous la pression psychologique ce ce chauffeur de van, deux autres touristes renonceront et paieront le bakchich puis montront dans le van. Nous ne sommes plus que 7 Français (cocorico !), jeunes et moins jeunes determinés à attendre. Nous nous posons devant le van lui barrant la voie et un des nôtres (en béquilles d’ailleurs) aura la présence d’esprit de prendre la plaque du van et le chauffeur en photo.

Le chauffeur commence alors à reculer et je le rattrape in extremis pour lui dire d’attendre en disant que l’on va payer. Le temps de retrouver les autres résistants, le van recule (#ChauffeurFourbe), commence à faire demi tour, s’arrête, la porte s’ouvre, un sac est jeté par terre (le dernier sac d’un des nôtres…) puis le van démarre en trombe pour récuper une voie parallèle cachée par un batiment. J’essaierai en vain de sprinter derrière le van rouge de rage, mais nous finirons donc tout seuls derrière le bolide qui semble déjà loin… Une vraie scène de film !!!

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Desespérés, les douaniers et quelques Laotiens sur place trouvent la scène rigolote (en vrai ils se marrent et ça a le don de nous insupporter). Le douanier trouvera ça moins rigolo quand Claire retourne le voir, lui dit qu’elle est enceinte, qu’on ne pourra pas marcher avec nos sacs comme ça 20 km et qu’elle commence à pleurer – #RévélationAuxCésars2018 😉 ça lui prendra alors moins de 3 min pour tamponner et nous rendre nos passeports. 3ème victoire malgré la défaite du van qui nous a plantés !

Après lui avoir demandé en vain d’appeler quelqu’un pour nous récupérer, nous empruntons à un Laotien un téléphone portable pour essayer d’appeler l’ambassade de France sans succès. C’est donc résignés que nous commençons à partir à pied vers la ville située à 20 km de là (et la motivation de tout casser à l’agence).

Passeports en poche au Laos, n’ayant plus de van

Finalement après 15 min de marche, notre van, le chauffeur et les touristes partis avec lui (que nous n’appelerons pas les traîtres car on peut comprendre que quand on est en vacances on a pas envie d’attendre 1h à un poste frontière pour 2$, mais en même temps jeter un sac par la porte du van c’est bien fourbe) reviennent nous récupérer, pas trop avec le sourire… On vous laisse imaginer l’ambiance dans le van avec 7 Français fiers d’avoir vaincu ! On ne sait pas précisément pas ce qui s’est passé mais le chauffeur aurait reçu un appel (de qui, c’est le mystère…) pour venir nous récupérer.

Au final, on s’en sera sorti avec chacun un visa à 31$ au lieu de 35 le tout au bout de plusieurs heures de galère à la frontière. On ne sait pas si ça en valait la peine et le récit peut paraître un peu dantesque juste pour 8$, mais au fond nous sommes contents d’avoir pu résister au système à notre façon (quand on imagine le nombre de touristes qui franchissent la frontière chaque jour et les sommes que ces 2$ de tampons représentent au global, c’est juste énorme !).

Bref, comme vous vous en doutez, on était un peu tendu après ce passage épique. Jamais un passage de frontière dans notre tour du monde n’aura été aussi épique, c’est bien le mot. Heureusement la suite de notre voyage au Laos est bien plus tranquille depuis 🙂

RDV au prochain épisode !

Prochain stop : les 4 000 îles !

Informations pratiques (1$ = 0,82 euro) :

  • Bus Phnom Penh – Kratie : départ à 9h45, durée 7h de trajet avec la compagnie Sorya pour 11$ / personne
  • Hôtel à Kratie : 6$ la chambre double avec sdb sans petit dej (un peu glauque)
  • Transfrt Kratie – 4000 îles avec passage de la frontière : 14$ / personne

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