Riz à volonté à Banaue

Riz à volonté à Banaue

Après 4 mois en Amérique du Sud, 5 jours à Sydney et 8h de vol nous voilà arrivés à Manille pour entamer la seconde partie de notre voyage. Et là clairement c’est un changement de dimension (outre la chaleur humide qui nous frappe dès les portes de l’aéroport franchies, c’est un gros dépaysement qui nous attend).

Nous ferons court sur notre étape à Manille car clairement la ville présente peu d’intérêt : beaucoup de gens, énormément de trafic, de la richesse et de la misère, des touristes qui ne viennent pas vraiment pour les paysages… Nous repartirons dès le lendemain soir de notre arrivée pour le nord de l’île de Luzon. C’est cependant là notre première approche avec les Philippins qui semblent très gentils et parlent parfaitement anglais !

#MinuteCulture : Il faut savoir que les Philippines ont été une colonie espagnole (au 17ème siècle), puis américaine (19ème), la culture philippinaise a donc été largement influencée avec comme résultat un mélange de culture asiatique et occidentale. Il y a donc deux langues nationales, le filipino (dérivé du Tagalog) principalement utilisée par les Philippins mais aussi l’anglais, utilisé pour l’enseignement et le business. Les Philippins maitrisent donc bien l’anglais ce qui facilite beaucoup les échanges ici !

Ce sera aussi l’occasion de voir Malo, un ami d’Arnaud qu’il n’a pas revu depuis une dizaine d’années et qui vit ici depuis 2 mois. On ira ainsi visiter Intramuros (l’ancien quartier espagnol), discuter des Philippines et du temps passé et cela nous aura permis d’obtenir pas mal de tips ; bref, une après midi qui s’annonçait ennuyeuse s’est transformée en après midi très sympa.

Bienvenue aux Philippines, le royaume du Poulet !

Nous finirons la journée par traîner rapidement dans un immense mall comme les Philippins en raffolent (notamment car on y met la clim à fond), prenant un léger repas au passage, avant de récupérer nos sacs à l’hôtel puis nous rendre au terminal de bus pour aller à Banaue, petit village un peu plus au nord.

Ici, le bus est loin d’être aussi développé qu’en Amérique du Sud. Autant dire que quand on a débarqué dans le petit bouiboui qui fait office de terminal de bus, on craignait que les 8h de nuit soient un peu compliquées. Mais finalement ça s’est plutôt bien passé, on a réussi à se caler tout au fond du bus là où il y avait bien plus de place pour Arnaud et surtout le chauffage du moteur qui évite d’avoir trop froid à cause de la clim qui rend pas mal de touristes malades (on échangera d’ailleurs nos billets retour pour retrouver ces mêmes places et pour faire sécher nos chaussures trempées à la chaleur du moteur !). Claire était juste un peu déçue d’avoir déchiré sa doudoune dans le bus…

On est donc arrivé pas trop fatigué à 6h30 à la fraîche à Banaue – ici on a bien perdu 10 degrés et on avait enfin un peu d’air pur à respirer ! Le fils de la proprio de l’hôtel nous attendait et nous a embarqués dans son petit tricycle pour rejoindre notre petit homestay bien sympa avec vue sur les rizières et sur le village. Le personnel adorable nous a proposé un café puis nous avons patienté jusqu’à ce que notre chambre soit prête en prenant un petit déjeuner et en discutant avec 2 jeunes Françaises arrivées le matin comme nous.

Vue de notre homestay sur les rizières à Banaue

Un peu reposés et propres, nous sommes partis visiter le village pour déjeuner et avoir un peu plus d’informations sur le trek de 3 jours dans les rizières que nous souhaitions faire. L’hôtel nous a déjà proposé un tour mais nous préférons toujours comparer et voir les prix des autres guides… Nous obtiendrons après négociation une meilleure offre (4600 pesos au lieu de 5600 proposés par le guide de l’hôtel) mais le mec de la maison des guides ne nous donnait absolument pas confiance. Nous ne nous sommes donc pas engagés pour plutôt négocier à l’hôtel où le guide paraissait plus pro et hyper sympa. Enfin nous ferons quelques courses et surtout Arnaud s’incrustera dans une partie de basket avec les locaux 🙂 (à savoir que le basket est le sport n°1 pratiqué par les Philippins !), ce qui terminera bien l’après midi.

Arrivés a l’hôtel, nous discutons avec le guide, et Claire dans sa grande maîtrise de la négociation parvient à nous avoir le trek a 5000 pesos 🙂 – on rappelle ici qu’on est vraiment nul en négo… Nous partons donc le lendemain pour 3 jours de trek pour découvrir une des nouvelles merveilles du monde avec notre guide June. Attention les yeux, nous allons nous enfoncer dans la cordillère mais surtout au royaume du riz !

Avant de partir en trek, le petit déj qui te met d’applomb : le tocido = du riz, un oeuf au plat et du porc dans une sauce aigre douce

Jour 1 – De Banaue à Cambulo

Le départ est plutôt cool puisque nous partons à 8h30 après un bon petit déjeuner et embarquons dans un tricycle pour rejoindre le point de départ. On s’arrêtera à différents points de vue sur le village de Banaue et ses rizières. Superbe.

Prêts pour le trek !
Vue sur les rizières à la sortie de Banaue

Une fois débarqués, on rentre alors littéralement dans la rain forest, tout est très humide, la végétation luxuriante, les chemins étroits et surtout il y a énormément de boue ! Ça donne le ton pour les jours qui viennent. On grimpe pas mal et June nous donne régulièrement des informations sur la faune et sur sa culture. Il nous montrera notamment son petit rituel pour chiquer le bettlenut, une sorte de noix que tout le monde chique ici et qui rend les dents toutes rouges ou les fait tomber (June nous dit que c’est bon pour les dents car ça détruit les bactéries, nous on a surtout l’impression que ça détruit tout). La forêt passée, nous arrivons enfin sur de belles rizieres en terasse et apprecions le travail réalisé ici. Il faut cependant faire attention à ne pas se vautrer sur les pierres glissantes car la hauteur entre chaque terasse se fera sentir – Claire quadruple son attention durant le trek du fait de sa manie de tomber partout !

Nous arriverons après 6h de marche à notre guesthouse (plus sales que jamais, les chaussures et les pantalons pleins de boue) où nous retrouvons certains trekkeurs rencontrés en chemin, notamment Julien un Français vivant en Espagne et Shoko une Japonaise. C’est très sommaire mais suffisant (on expérimentera la douche au seau à l’eau froide et les chiottes sans chasse d’eau… #oùstcequonvafairecaca? #noflush). Encore une fois quand on voit comment les gens vivent simplement ici on relativise. Il faut savoir que les villages que nous traversons ne sont pas connectés à la route et que l’electricité est assez récente.

La soirée se conclura par un spectacle des enfants du village, chose avec laquelle nous sommes toujours un peu mal à l’aise suite à notre expérience en Bolivie. Cette fois heureusement c’est plus bon enfant et au lieu de récolter de l’argent comme proposé par un guide, nous suivrons plutôt l’idée de leur acheter quelques biscuits qu’ils mangeront avec appétit.

Jour 2 – De Cambulo à Batad

Si la pluie nous a pas mal réveillés toute la nuit, c’est surtout un cochon en train de se faire égorger qui marquera notre réveil. Là on constate qu’il pleut comme vache qui pisse et que cela ne semble pas s’arrêter de sitôt (cette pluie intense est due à un typhon passé non loin d’ici). Nous avalerons du riz blanc mélangé avec un peu de banane pour préserver notre budget avant de partir… sous la pluie. Au programme : 2h30 de marche entre les rizières et la forêt. L’eau dévale les pentes et la pluie ne s’arrête pas, nous nous retrouvons donc vite trempés jusqu’à la moelle malgré nos ponchos.

Claire est devenue bossue !

Petit conseil pour ceux qui vondront tenter l’aventure : on conseille fortement de prendre batons de marche, bonnes chaussures de rando, pantalon et chemise/tshirt à manches longues pour le trek car les chemins ne sont pas évidents et la flore imposante… Avoir des vêtements longs évite les égratignures et les piqûres d’insectes en tout genre (Claire a aperçu un serpent autour de son baton de marche).

Trempée !
Devant la cascade

Heureusement, arrivés à Batad la récompense est là : le paysage qui s’offre à nous avec d’immenses rizières en amphithéâtre est incroyable ! On ne peut qu’admirer l’ingéniosité du peuple Ifugao qui ont initié ces terrasses il y a plus de 2000 ans.

Vue sur Batad

#MinuteCulture : Les rizières de Banaue sont inscrites au patrimoine mondial par l’Unesco. Elles ont été sculptées il y a 2000 ans par le peuple indigène Ifugao et forcent l’admiration de par leur nombre et les systèmes d’irrigation associés.

Arnaud, grand fan de rigoles, était ravi de pouvoir observer les systèmes d’irrigation de très près 🙂 Le village semble lui resté prisonnier dans un ancien temps, les maisons sont très simples, la petite église catholique est construite en tole, et nous croisons quelques villageois affairés à la confection du riz (il y a quand même l’électricité et des télés qui datent des années 80).

Avant de rejoindre notre hostel pour la nuit, nous descendrons voir une grosse cascade, gonflée par la pluie.

C’est rincés que nous finirons donc pas rejoindre notre guesthouse pour enfin manger (encore du riz, what else ?!) et se reposer.

Jour 3 – De Batad à Banaue en passant par Bangaan

Le dernier jour, on se réveille sous le soleil 🙂 Par contre, nos vêtements et chaussures n’ont pas tout a fait séché, ce qui sera particulièrement agréable lorsqu’il a fallu les enfiler… Nous avons 2h30 de marche jusqu’au point d’extraction où un tricycle nous attend pour nous emmener au village de Bangaan puis rentrer. On s’attendait à une marche facile mais cela fut loin d’être le cas (on avait un peu sous estimé la difficulté de ce trek croyant être rôdé suite à nos expériences en Amerique du Sud. Mais ici la nature est tellement différente que l’effort n’a rien à voir) puisque les chemins restent boueux, le soleil tape fort et la végétation est toujours aussi imposante. Nous traversons cependant des hameaux charmants et surtout beaucoup de plantations de légumes (haricots, tomates, piments) elles aussi en terrasses. Les légumes sont privilégiés lorsqu’il n’y a pas assez d’eau pour alimenter des rizières. C’est épuisés mais contents que nous arrivons au point d’extraction. Ce qui nous gache un peu le plaisir c’est de voir des enfants travailler sur un chantier et porter des sacs de plusieurs dizaines de kilos sur leur dos…

Nous faisons une dernière escale au village de Bangaan avant de rentrer. Si beaucoup de tours s’arrêtent juste en hauteur du village, nous avons encore une fois la chance d’être tombé sur le bon guide qui nous fait descendre dans ce petit village magique entouré de rizières. On passe même par la petite école du village où nous observons avec plaisir que les enfants sont sensibilisés à la pollution (bon il y a quand même pas mal de déchets un peu partout).

Bangaan
Nous et June

Nous rentrons finalement à Banaue dans notre petit tricycle en appréciant le voyage à travers les routes de montagnes de cette région des Philippines qui nous a vraiment enchantés. Nous ne pouvons que recommander notre guide Jonathan (June de son surnom), extrêmement professionnel et sympathique. Il nous a paru bien plus expérimenté et bienveillant que d’autres guides croisés qui nous paraissaient encore un peu jeunes. Et surtout on a adoré son rire communicatif !

Avec notre carosse !

Nous repartons demain pour Manille en bus de nuit, entre temps ce sera repos à notre hotel 🙂

Sunset à Banaue

Infos pratiques (taux de conversion : 100 pesos philippins = 1,7€) :

  • Malate Pensionne à Manille : 1000 pesos la chambre double avec sdb partagée
  • Petit dej au Malate Pensionne : entre 110 et 130 pesos
  • Transfert aéroport – quartier de Malate : 600 pesos (mieux vaut privilégier les Uber ou Grab = Uber local car c’est moins cher mais pour notre arrivée on a opté pour le transfert arrangé par l’hôtel)
  • Attention à bien compter large les temps de transport à cause du trafic et des embouteillages monstres à Manille !
  • Transfert quartier de Malate – terminal de bus Ohayami : 215 pesos avec Grab (tarif élevé car beaucoup de trafic a cette heure là)
  • Bus pour Banaue : 490 pesos / personne avec Ohayami Trans, +70 pesos si réservé sur internet ; 8h de trajet environ avec un départ à 21h et un autre à 22h ; prévoir des vêtements chauds car avec la clim ça caille !
  • Banaue homestay : 600 pesos la chambre double avec salle de bain partagée
  • Pour manger à Banaue Homestay : entre 50 et 180 pesos environ le plat
  • Trek dans les rizières de Banaue : tarif officiel pour 2 personnes = 3 900 pesos pour 2 jours, 5 600 pesos pour 3 jours ; négociable. Ce tarif inclut le guide (1 200 pesos / jour) + transport (1 000 pesos) + hébergement (250 pesos / personne / nuit). Il faut ajouter les frais de bouffe et d’eau pendant le trek (environ 70 pesos une bouteille d’eau et entre 100 et 200 pesos le plat)
  • Lessive : 175 pesos pour 3,5 kg

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