Une semaine coupés du monde sur les îles Togian

Une semaine coupés du monde sur les îles Togian

A Charlotte & Martin, grâce à qui on a passé une super semaine,
To Aspan, Ramdhan, Ato, Popoy and all the staff of the Sandy Bay Resort who were so kind with us,
A Brownie, Blacky et Mamelasse, les 3 chiens à qui on a fait beaucoup de câlins.

Mise en bouche

A en lire les blogs ou à en écouter les voyageurs, les îles Togian sont présentées comme le paradis sur terre. Après y avoir passé une semaine, on peut confirmer que c’est en effet un petit bout de paradis, coupé de notre monde super connecté puisqu’ici, il n’y a ni internet ni réseau de télécommunication. Quant à l’électricité, c’est seulement le soir pour quelques heures et c’est très bien comme ça !

Si vous souhaitez sans plus attendre voir à quoi a ressemblé notre semaine sur place, on vous glisse ci-dessous un montage vidéo de 3 minutes (vous verrez que c’est ambiance colonie de vacances 😉 ) :

En se renseignant sur ce qu’il y avait à faire sur l’île de Malenge (qui fait partie de l’archipel des Togian et où nous avons séjourné une semaine – wow ce luxe !), on pensait qu’on ferait ceci :

  • Se reposer
  • Se poser dans un hamac et ne rien faire de la journée
  • Bouquiner (sans internet on peut dire qu’on avait blindé notre Kindle de bouquins, d’ailleurs on partagera plus loin les références des livres qu’on a aimés)
  • Déguster des noix de coco
  • Visiter un des célèbres villages Bajo (= les gitans de la mer) de l’île en passant par un pont long de 2 km au dessus de la mer,
  • Faire du snorkeling sur les reef 1, 4 et/ou 5
  • Se baigner au milieu des méduses (non urticantes, on vous rassure)
  • Manger du riz et du poisson à tous les repas

En fait, ça ne s’est pas passé exactement comme ça. Reprenons donc au début.

Parlons déjà du trajet pour arriver a Malenge, puisque les îles Togian, ça se mérite !

Au bout du monde…

Après une nuit à Ampana au Marina Cottages, nous avons pris un speed boat allant directement à Malenge harbour sur l’île du même nom et avec une courte escale à Wakai. Avant de quitter le port, on a eu droit à une petite photo de groupe cette fois-ci avec des policiers indonésiens. Sauf que ce n’était pas une photo juste parce qu’on était blanc : on nous a collés derrière une banderole, apprenant juste après qu’il s’agissait d’une campagne de com pour lutter contre la pêche à la dynamite qui se pratique illégalement dans l’archipel et qui détruit totalement coraux et poissons (grave erreur de notre part, on avait pas regardé avant ce dont il s’agissait ! Enfin on avait pas eu trop le temps… bref, heureusement qu’il ne s’agissait pas d’une campagne anti drogue qui aurait pu nous mettre dans de beaux draps !!). Sympa la mise en bouche du voyage.

Nous avec les policiers indonésiens pour une campagne de lutte contre la pêche à la dynamite (on ne sait pas pourquoi on sourit après coup)

Puis nous avons attendu près d’une demie heure dans le bateau avant de partir et la c’était on ne peut plus… hot ! Il faisait tellement chaud la dedans, les Indonésiens fumaient tous dans le bateau, on dégoulinait de sueur, on arrivait pas à trouver de place pour s’asseoir : c’était assez insupportable mais c’est dans ces conditions que nous avons rencontré Charlotte et Martin, 2 voyageurs dans l’âme très cools avec qui nous avons passé une super semaine. Le trajet sera finalement passé assez vite vu qu’on a bien papoté tous les 4. Charlotte et Martin avaient tellement aimé leur premier séjour au Sandy Bay Resort sur l’île de Melnge qu’ils avaient décidé d’y retourner : un bonus pour nous puisque grâce à eux on a appris pas mal de petites anecdotes et astuces avant d’arriver et on a pu faire super vite connaissance avec le staff dès notre premier soir.

Seule ombre à ce premier tableau : encore et toujours la pollution, point commun à toutes nos étapes de voyage (et encore, le pire viendrait après…). Notre bateau était plein de détritus à la fin du voyage, et tous les Indonésiens que nous avons vus jetaient leurs déchets à la mer. Ici, le réflexe de la poubelle n’existe pas, tout finit dans l’eau et ce sera pareil lors de notre découverte des différents villages sur pilotis que nous avons vus par la suite. Il paraît que cela s’appelle le « indonesian style ». Un triste gâchis pour un coin si joli de notre planète.

Notre arrivée s’est faite sous un temps maussade mais il ne manquait pas grand chose pour voir que le lieu est juste paradisiaque avec 2 petites plages de sable blanc sous les cocotiers, à peine 10 bungalows assez espacés, quelques petits bateaux et une eau bleu turquoise. Après toutes nos semaines de vagabondage on doit reconnaître qu’on était super content de poser enfin nos gros sacs ici, pour nous c’étaient comme des vacances en tour du monde !

Les bungalows du Sandy Bay Resort au loin
Notre bungalow
Vue sur la plage de Sandy Bay

Loin de tout et pourtant bien occupés !

Dans cet endroit coupé du monde, nos journées étaient rythmées par l’heure des repas, par le coucher de soleil et par le créneau horaire pendant lequel le staff du resort se connectait au continent en lançant la radio, moment où on entendait le fameux « Ampana Ampana ! » attendant de savoir si nous aurions d’autres visiteurs dans les jours à venir. Pour notre plus grand bonheur, nous avons été 4 la majeure partie du temps ici ce qui nous a permis de vraiment nouer des relations avec les membres du staff, ce qui n’est pas toujours le cas en haute saison.

Sur les activités citées plus haut, on peut maintenant dire qu’on a fait cela :

  • Se reposer
  • Se poser dans nos hamacs sur notre terrasse
  • Bouquiner

Nos quelques conseils lectures du moment = les livres qu’on a adorés lire en voyage récemment :

La tétralogie de « L’Amie prodigieuse », d’Elena Ferrante

« Je suis Pilgrim », de Terry Hayes

« Réparer les vivants », de Maylis de Kerangal

« La vie devant soi », de Romain Gary

« Le collier rouge », de Jean-Christophe Rufin

« Magellan », de Stefan Zweig

« Changer le monde en 2 heures », de Pierre Chevelle

« Les fourmis », de Bernard Weber

  • Faire du snorkeling, seulement autour de notre petite plage et non sur les reefs, car on a entendu que la pêche à la dynamite avait fait pas mal de dégâts et que finalement on était très bien ici
  • Se baigner au milieu des méduses, dans le jellyfish lake au moment de repartir sur Wakai
Petite baignade au jellyfish lake, attention ambiance anxiogène !
Poissons clows

Et puis :

  • Déguster des noix de coco, à n’importe quelle heure de la journée vu que c’était un rituel en soi 🙂
Pause coconut !!
  • Visiter le super joli village Bajo de Pulau Papan, en profitant d’un temps magnifique
Le célèbre pont menant au village Bajo
Vue sur le village Bajo
Nous en haut du village Bajo

Mais surtout, on a fait bien plus que ça !

Chaque jour était sensiblement identique et en même temps différent, avec une bonne dose de folie et d’insouciance, comme un retour à l’enfance où tu te dis que tout ce qui t’arrive est merveilleux et que la vie file simplement et malheureusement trop vite. Ici, au Sandy Bay Resort, nous avons eu le sentiment d’appartenir à une famille : celle des gitans des mers avec les membres du staff venant des villages Bajo de l’île, celle des marins et des pêcheurs, celle des jeunes indonésiens qui apprennent l’anglais par eux mêmes en rêvant de monter leur business, celle de gens qui n’ont rien et qui te donnent tout. Ici, chaque membre de l’équipe a une histoire différente et un passé parfois compliqué, soit parce qu’il a perdu son papa étant petit, soit parce qu’il s’est échappé de la pêche au compresseur, soit parce qu’il a perdu plusieurs doigts et un oeil en pêchant à la dynamite, soit parce qu’il aide ses parents à reconstruire leur maison détruite par le gouvernement ayant décidé d’implanter un centre commercial en rasant d’un coup tout un quartier. Et bien d’autres choses encore. Ici plus qu’ailleurs les gens sont vrais et ils sont généreux. On aura rarement vu de tels sourires égayer nos journées.

Photo de famille avec tout le staff
Claire qui montre nos photos de voyage à l’une des familles vivant au resort

Parmi les membres du staff, nous n’oublierons jamais :

  • Aspan, l’âme du Sandy Bay Resort, petit homme tel un singe malicieux qui grimpe aux cocotiers pour vous servir une noix de coco fraîche, qui va vous dénicher un coconut crab en pleine nuit, qui vous apprendra à faire des petits poissons à partir de 2 feuilles de cocotier ou encore qui vous apportera un parapluie pour vous protéger de la pluie… Mais surtout un homme hyper attachant du haut de son 1m50 qui raconte un tas d’histoires à dormir debout, connaît tous les jeux de cartes qui existent et a peur des qu’on se cache derrière lui.
Arnaud avec Aspan
  • Ramdhan, le meilleur cuisinier qu’on ait eu en voyage, pour qui on était « Clao et Arnold », étudiant brillant qui donne tout à sa famille et à ses amis, avec qui on a pas cessé d’avoir des fous rires et qui nous a transmis sa bonne humeur chaque jour autour de ses petits plats mais aussi en piquant une tête dans l’eau ou en chantant super bien tous les tubes qu’on écoutait en boucle à la nuit tombée…
Claire avec Ramdhan
  • ‎Ato, l’homme parfait qui sera toujours là pour vous rendre service, super timide et qui porte l’honnêteté et l’humilité sur son visage.
Ato
  • ‎Popoy, du style mannequin pour une marque de cosmétique indonésienne qui a un rire inimitable à vous faire tomber par terre.
Nous avec Popoy

Difficile de les décrire tous mais ceux là étaient vraiment nos préférés et ont rendu notre séjour incroyable 🙂

Et n’oublions pas les 3 chiens du resort, avec qui on a aussi passé beaucoup de temps !

Du coup, avec Martin et Charlotte, et au delà des activités citées plus haut, on a fait un tas de choses qu’on aurait même pas imaginées avant de venir.

Entre nos nombreuses discussions, nos parties de cartes endiablées autour de l’arakobama (le nom que le staff donne à l’arak, alcool de riz local 🙂 ), notre pause coconut, notre séance sunset, nous avons nagé, fait de la bouée, joué avec les enfants dans l’eau, appris des jeux indonésiens, joué au volley avec le staff et les locaux ; nous avons aussi déniché grâce à Aspan un crabe de coco (c’est tellement énorme que c’est impressionnant !), nous avons découvert comme des gosses le plancton phosporescent sur la plage et sous le ciel noir de la nuit, nous avons rigolé, fait des blagues, raconté des conneries, fait des châteaux de sable (et autres sculptures si affinités), plongé, sauté, dansé (lors d’une soirée mémorable où nous avons tenté d’apprendre la valse aux Indonésiens qui de leur côté nous ont appris leur danse locale sur une musique qui ressemble à celle d’un jeu vidéo !)…

Aspan et le crabe de coco

On a aussi fait des tonnes de photos, et puis on a mangé encore et encore : poisson, langoustes, poulpe, riz, légumes, gâteau à la noix de coco et même… des pates maison et des empanadas revues à la mode indonésienne !

Ramdhan qui nous préparait toujours des petites surprises nous a appris en cuisine à faire des tagliatelles, nous a apporté pour notre dernier jour un gâteau au chocolat qu’on a partagé avec le staff et les enfants, nous a préparé un menu spécial pour notre dernier dîner et nous a même fait un picnic pour notre départ…

Bref, c’était juste parfait et on aurait voulu rester 10 jours de plus si on avait pu ! Et puis on ne peut pas non plus tout raconter ici mais certaines anecdotes resteront gravées en nous comme des petits secrets 🙂

Jeux avec les enfants

Pour toutes ces raisons, on peut dire que cette semaine aux îles Togian fut une des meilleures semaines qu’on ait vécue depuis notre début de tour du monde.

Pirogue
Sunset sur Sandy Bay Resort

C’est donc le coeur lourd qu’on a quitté le Sandy Bay Resort, Claire pleurant dans le bateau de retour lorsque nos compagnons de route ont disparu derrière le rivage, gardant en tête le moment où Aspan nous a dit les larmes aux yeux « I want to see you again ». On déteste les promesses qu’on ne saurait tenir, ici on aurait aimé promettre qu’on reviendra. Un jour, qui sait !

Dernière photo avant le grand départ

Le trajet de retour a été assez éprouvant pour nous et surtout bien plus long qu’à l’aller en venant de Tentena / Ampana. Nous avons enchaîné le petit bateau du resort à Wakai en faisant un stop au jellyfish lake, puis 10h de ferry entre Wakai et Gorontalo (nous avons alors partagé une minuscule cabine avec 2 Européens de l’Est vraiment chelous, la clim, la chaleur étouffante et l’odeur de tabac froid auront été bien désagréables) avec une arrivée légèrement piquante à 3h du matin, puis 11h de route pour rejoindre Manado au nord. On aura partagé un bout de chemin avec Yolande et Alain, 2 Français très sympathiques fans de plongée qui ont noué très facilement contact avec nous sur le bateau – on vous donne donc leur blog car leurs photos sous marines valent le coup ! Le trajet en voiture a quant à lui été plus que fatiguant puisqu’il faisait très chaud et qu’on essayait tant bien que mal de dormir par intermittence avec en fond sonore de la musique électro locale mise à fond (le conducteur n’a pas compris que son caisson de basse émettait un bruit juste HORRIBLE)… tandis que nos compagnons de route indonésiens devant nous n’arrêtaient pas de vomir dans de petits sacs en plastique qu’ils jetaient chaque fois… par la fenêtre !

On arrivera donc à Manado épuisés, Arnaud ayant la nausée à cause du voyage et de la chaleur. Nous nous poserons une nuit à l’hôtel près du port avant de prendre de nouveau le large vers l’île de Bunaken, notre dernière étape du voyage.

Quand on dit que les Indonésiens jettent tout par terre…
On va quand meme finir cet article par une belle image de sunset !

Infos pratiques :

  • Pour rejoindre l’île de Malenge : un bateau part tous les matins d’Ampana pour Wakai, vers 9h (horaires à vérifier) ; ensuite, il faut prendre une pirogue à moteur (3h de trajet). Un speed boat part quant à lui d’Ampana vers 10h et rejoint directement Malenge en 5 à 6h de temps environ.
  • Sandy Bay Resort : notre coup de coeur et de loin ! Tous les blogs mettent souvent en avant le Sera Beach avec des prix moins chers, mais nous n’avons pas été séduits par les bungalows nombreux, tout collés et moins conforts, et par la digue en béton qu’ils ont construite devant la baie. Au Sandy Bay, rien de tout ça, c’est juste le paradis ! Tarif de base : 350 000 IDR / personne en pension complète, 330 000 IDR si séjour d’au moins 5 nuits.
  • Excursion au village Bajo : 150 000 IDR à partager avec les autres guests.
  • Excursion snorkeling : 400 000 IDR à partager avec les autres guests.
  • Bateau privé Sandy Bay – Wakai : 600 000 IDR à partager, 3h de trajet. Il est intéressant ici d’inclure le stop au jellyfish lake, sinon l’excursion en soi n’a de grand intérêt puisqu’on passe beaucoup plus de temps en bateau que sous l’eau.
  • Ferry Wakai – Gorontalo : les lundis et jeudis, départ à 16h pour une arrivée entre 3h et 5h le lendemain matin ; compter 63 000 IDR / personne pour le tarif de base, 500 000 IDR pour une cabine de 4 à partager (en plus du prix du ticket de base). Ce même ferry part de Gorontalo 2 fois par semaine également pour rejoindre Wakai et Ampana.
  • Trajet Gorontalo – Manado : 10 à 11h de route, voiture privée entre 800 000 et 1 000 000 IDR à partager. L’alternative à ce long trajet est de prendre un vol pour un prix peu élevé, mais nous n’avions pas connaissance de cette option avant !
  • Hôtel Celebes Hotel à Manado : juste à côté du port, 190 000 IDR la chambre double economy, 260 000 IDR la chambre double standard avec clim, sdb et petit dej inclus. Bonne connexion wifi.

 

Commentaires

Commentaires

5 réactions au sujet de « Une semaine coupés du monde sur les îles Togian »

    1. Merci Claudine ! Heureuse de savoir que tu nous suis 😉
      C’était vraiment une semaine magique la bas !
      A bientôt et bonnes fêtes de fin d’année à toi,
      Claire

  1. Bonjour,
    Votre article est une mine d’info MERCI je prépare cette destination pour fin mai prochain et juin ,je connais beaucoup la Thaïlande et voyage seule sans crainte:) pour les iles Togian une femme seule ça le fait ?je m’inspire de votre blog riche en informations 😉
    Au niveau arrivés vol international le mieux est d’atterrir où ?
    Avez vous les coordonnées de Sandy bay resort ?

    Dans l’attente de votre réponse
    Belle continuation

    Julie

    1. Bonjour Julie,

      Merci pour votre message qui nous fait bien plaisir !
      Aucun souci pour les Togian et Sulawesi de façon générale, on a rencontré plein de femmes seules en voyage là-bas et vu la gentillesse des locaux il n’y aura aucun problème !
      Les vols internationaux arrivent en général à Manado au nord ou Makassar au sud, le trajet est long ensuite pour aller sur les îles Togian mais il y a de plus en plus de vols en interne (à Palu, Gorontalo.. à voir car nous n’en avons pas pris).
      Si vous arrivez par Makassar le mieux est de remonter en bus pour visiter le pays Toraja (escale à Rantepao), puis de rejoindre Tentena et Ampana. A Ampana vous pouvez dormir au Marina Cottages, spot assez connu des voyageurs car le resort connaît très bien les resorts des Togian. Pour contacter le Sandy Bay il vous suffit d’écrire à : sandybayresort@yahoo.com / et pour le Marina cottages : marina.cottages@yahoo.com

      J’espère que cette réponse a pu vous aider, n’hésitez pas si besoin !
      Bon voyage !!

      Claire

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