Douceur du Lac Titicaca

Douceur du Lac Titicaca

La Paz est derrière nous ! Pour en sortir ce fut presque un enfer (on ne change pas le bordel évoqué dans notre article précédent comme ça…), la circulation était tellement dense et le trafic non organisé qu’il a fallu plus d’une heure trente à notre bus pour sortir de la capitale !

Quelques heures plus tard, nous sommes arrivés sur la rive du Lac Titicaca, ce célèbre lac au nom faisant rire les enfants (et Arnaud) et qui est le lac navigable le plus haut du monde !

Pour arriver à Copacabana, la dernière portion de route nous a fait descendre du bus pour emprunter un petit bateau à moteur tandis que notre véhicule traversait quant à lui le lac sur une grosse barque motorisée 🙂 Dépaysement garanti après La Paz !

Petite pause à Copacabana

Nous voilà donc arrivés à Copacabana ! Rien à voir avec la célèbre plage du même nom à Rio de Janeiro pensez vous… mais détrompez vous, il y a bien un lien entre les deux ! L’histoire raconte que la plage de Rio et son quartier portent ce nom car au XIXème siècle, une chapelle comportant une réplique de la vierge de Copacabana (village au bord du lac) y a été construite.

Petite ville construite dans une anse du lac, c’est une destination bien touristique car point de départ pour faire des excursions sur le lac notamment sur l’isla del sol (île du soleil) et l’isla de la luna (île de la lune), deux îles sacrées dans la culture Inca. Copacabana est aussi une destination prisée des Boliviens et des Péruviens (la frontière est à seulement 15 minutes en voiture) en tant que haut lieu de pèlerinage. En effet, les locaux affluent ici pour se rendre à la basilique (ou cathédrale) pour… faire bénir leur voiture ou leur camion ! Imaginez donc le spectacle, des dizaines de véhicules qui se pressent pour être décorés (un petit chapeau sur le toit, des parures de fleurs sur le capot…), bénis par le prêtre qui ne fait que ça toute la journée, puis arrosés d’alcool et de confettis. C’est assez surprenant !

Copacabana, c’est aussi une petite station balnéaire : impossible de se poser sur la plage de cailloux ou de se baigner (l’eau est trop froide) mais on vous proposera des petits tours de pédalo ou du jet ski… Le front du lac regorge de petits kioskos et autres restos / bars pour prendre un verre ou manger.
Toujours sur le registre mystique enfin, il faut monter en haut de la ville au Cerro Calvario pour assister là encore à des scènes de dévotion (mélange de catholicisme et rites ancestraux des ethnies de la région) et pour avoir un superbe panorama sur la ville et sur le lac.

La ville en soi n’a pas grand intérêt mais est un bon point d’escale rapide. À noter ici que nous avons été extrêmement choqués par la saleté des rues et des espaces à visiter : les Boliviens jettent tout par terre sans se soucier des poubelles existantes ! Ça nous a clairement gâché la vue à de nombreuses reprises et contraste tellement avec le côté magique dont beaucoup de gens parlent en évoquant ce lieu.

En route vers l’isla del Sol

Après cette demie journée à Copacabana, nous avons pris un bateau pour rejoindre l’île du soleil comme de nombreux autres touristes. Après 1h30 de navigation sur le lac, arrivée à Yumani au sud de l’île et c’est parti pour une bonne petite montée nous élevant à 4000m d’altitude !

La visite traditionnelle de l’île consiste habituellement à traverser l’île du nord au sud par un joli chemin de crête, impossible pour nous de le faire malheureusement car la partie nord était fermée. Nous avons appris par la suite que le conflit opposant les communautés nord et sud reposait sur des différends financiers : en effet, les touristes doivent normalement payer des droits de passage à différents points de l’île (sans que nous comprenions vraiment ce que cela finance…), or il se trouve que les droits du nord sont supérieurs à ceux du sud et qu’ils n’étaient jusque là pas redistribués équitablement à toutes les communautés de l’île.

Bref, nous nous sommes donc contentés d’une seule partie de l’île, avec plusieurs très beaux points de vue tant sur l’île que sur le lac, les régions aux alentours et au loin la cordillère royale avec ses sommets enneigés !

Et comme on souhaitait camper ce soir là, on a installé notre tente tranquille en haut d’une colline : le spot rêvé !

Notre chambre avec vue

Malheureusement notre plan a vite mal tourné… en fin de journée alors que nous étions au resto Las Velas (réputé dans tous les guides et sur les blogs que nous avons parcourus, notamment pour sa truite en papillote), nous avons assisté au loin à un orage impressionnant avec de magnifiques éclairs et nous avons eu droit à de grosses rafales de vent au dessus de nos têtes. Même si le tenancier du resto, adorable, nous a indiqué que l’orage n’arriverait pas jusqu’à nous, nous avons beaucoup hésité, pas mal paniqué, pour finalement retirer notre tente dans le noir et le vent… ce que nous avons bien regretté ensuite car la nuit a été super calme et car l’hostal où on s’est retrouvé était bien miteux !

Bien dommage car ça à gâché le plaisir du dîner à Arnaud alors que cette fameuse truite en papillote était délicieuse et qu’on l’avait attendue pas moins de 2h !! Morale de l’histoire : toujours se fier aux habitants du coin qui connaissent mieux la région que nous.

Sunset sur l’isla del sol

Retour à Copacabana par la côte depuis Yampupata

Le lendemain, nous étions parmi les premiers debout sur l’île du soleil, car nous souhaitions éviter les touristes au port pour prendre un bateau et rejoindre la côte afin de rentrer à pied de Yampupata à Copacabana (environ 18 km de marche). Les lumières le matin étaient d’ailleurs très belles ! En allant un peu plus loin que le port “touristique”, nous avons croisé un pêcheur et sa petite famille à qui nous avons demandé si l’on pouvait rejoindre Yampupata en bateau. Après une petite hésitation, sans doute pour éviter des ennuis avec les navettes officielles, le pêcheur a accepté et nous a emmenés sur sa barque, avec sa fille qui n’a pas lâché Claire de tout le trajet (Claire en est même devenue gaga).

Une fois à Yampupata, nous avons opté pour le chemin côtier,  qui n’est autre qu’une piste de sable. Chemin pas forcément difficile en soi sauf parfois avec quelques montées au soleil et à 4000m d’altitude.

On a clairement été ravi de faire cette rando, qui nous a permis d’apprécier les paysages offerts par le lac et surtout les scènes de vie paysanne des locaux habitant tout au long du chemin. Les gens étaient adorables avec nous ! Curieux dans le bon sens du terme, les locaux venaient nous parler pour savoir d’où l’on venait et étaient quelque peu surpris qu’on fasse tout le chemin à pied – il faut dire qu’on a pas vu beaucoup de touristes…

Après quelques villages bien typiques, nous sommes tombés sur la grotte de Fatima ou aussi appelée le Lourdes de Copacabana, abritant une vierge que les pèlerins viennent chérir là encore avec leurs voitures toutes décorées pour certains… Un peu plus loin, nous avons vu des îles flottantes, concept touristique en développement.

Une fois de retour à Copacabana, quelques heures d’attente nous attendaient (et oui) avant de prendre le bus pour Puno.

De la rive bolivienne à la rive péruvienne

Notre bus nous a permis de traverser la frontière pour rejoindre Puno, assez grosse ville sans grand intérêt fréquentée là aussi car point de départ vers les îles du Lac Titicaca côté Pérou. Nous voilà donc avec de nouveaux tampons sur nos passeports ! 🙂

Il aurait fallu s’attarder quelques jours pour bien profiter du Lac côté péruvien mais nous n’avions malheureusement pas le temps pour ça, ayant booké depuis juin notre hébergement à Cusco. Et puis pas de chance, Arnaud nous a fait une “petite” rechute ! C’est donc décidé : on arrête de manger n’importe quoi, plus de crudités ou de sandwiches aux oeufs achetés dans la rue… on ne va pas finir cet article sur des éléments un peu crades mais presque, on a découvert grâce à Dr Portefaixe qu’on parlait pour la Bolivie (entre autres) du “péril fecal”, le système sanitaire est tellement pauvre que ce qu’on bouffe n’est vraiment pas très safe… Bref, les joies du voyage !

Infos pratiques :

  • Bus La Paz – Copacabana : 4h de trajet environ, 30 bs / personne
  • Traversée en bateau pour Copacabana : 2 bs / personne
  • Hôtel Puerto Alegre à Copacabana : 100 bs pour une chambre double avec sdb privative
  • Resto El Bambu à Copacabana : 25 bs le menu, bof
  • Navette bateau pour l’Isla del Sol (aller seulement) : 20 bs / personne, 1h30 de trajet
  • Resto Las Velas sur l’Isla del Sol : 50 bs la truite en papillote et ses légumes du chef, 25 bs pour un verre de vin
  • Hostal Porta del Sol sur l’Isla del Sol : 80 bs pour une chambre lits jumeaux avec salle de bain partagée (sans eau…), à éviter !
  • Tranfert vers Yampupata en bateau de pêcheur : 80 bs ; à faire très tôt avant que les navettes officielles soient en ordre de marche sur le port
  • Bus Copacabana – Puno : 3h de trajet, 30 bs / personne
  • Hostal Virgen de Las Nieves II à Puno : 53 soles / nuit pour une chambre double avec salle de bain privative

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