Le retour (partie 2)

Le retour (partie 2)

Suite de notre 1er article sur le sujet du retour, ce nouveau post viendra compléter nos écrits globalement positifs par les aspects quelque peu… moins réjouissants de nos retrouvailles avec la vie en France.

Nous avions fait le choix assumé de publier 2 articles sur cette thématique du retour, notamment car un article aurait sûrement été trop long (quoiqu’on a dû faire pire !) mais aussi car nous ne voulions pas plomber l’ambiance dès le départ ! 😊

A l’heure où nous écrivons aujourd’hui, 4 mois après notre vol retour Bangkok – Paris (que le temps passe vite), nous avons pu prendre assez de recul pour parler en détails des effets de ce fameux épisode du retour en France sur notre moral de vagabonds. On tentera de ne pas être trop lourd ni trop dans l’exagération, mais oui, il faut l’avouer, rentrer en France et reprendre sa petite vie après un tour du monde qui nous a fait réellement changer n’est pas si facile !

Parfois, on se dit qu’il vaudrait ptet mieux être un chat et se poser moins de questions 🙂

(Pour lire ou relire notre bilan de ce long voyage, c’est par ici)

Pourquoi, alors c’est pas si facile, nous direz-vous ? C’est ce que nous allons aborder maintenant à travers les thèmes suivants :

  • Les sujets de discussion post tour du monde
  • Paris : « c’est désormais vraiment fini entre nous » (et oui, sorry à tous nos potes parisiens mais c’est vrai)
  • Tout ce qui ne nous avait pas manqué pendant notre tour du monde… et qu’on a malheureusement retrouvé à notre retour
  • En avant marche vers le 0 déchet (en tous cas, vers moins de déchets !)
  • Et si on consommait mieux et qu’on essayait de moins dézinguer notre planète (et notre santé) ?
  • Le retour au travail
  • Envies de vagabondages, encore et toujours…

C’est parti, on rentre dans le bain !

Ben oui c’était trop cool, mais faut bien rentrer un jour…

Les sujets de discussion post tour du monde

On va commencer directement par cette thématique, dont on savait qu’elle nous ferait pas mal cogiter et qu’on avait abordée entre nous avant de rentrer en France.

Au risque de choquer certain(e)s lecteur(trice)s et on s’en excuse, on va avouer ici un truc : les sujets de discussion post tour du monde (pour nous) n’ont jamais ou quasiment jamais dépassé le stade de la superficialité. On s’explique : au-delà des questions assez basiques dont on avait parlé dans l’article “Le retour (partie 1)” dans le paragraphe sur les retrouvailles, rares ont été les fois où nos proches et les gens avec qui nous avons échangé ont eu envie de rentrer vraiment dans le détail de ce que nous avons vécu, de nous interroger sur les effets qu’a produit ce voyage sur nos esprits et notre façon de voir désormais la vie – à des exceptions près bien sûr, hein, certaines personnes se reconnaîtront 🙂 . Il nous est arrivé d’aborder le sujet de nous-mêmes, ça en revanche c’est sûr, mais nous avons essayé à chaque fois de faire attention à ne pas brusquer nos interlocuteurs pouvant nous prendre pour des gens relous, pessimistes ou pour des fous.

Pour celles et ceux qui ne comprendraient (toujours) pas pourquoi nous sommes revenus tellement choqués par la pollution subie par notre planète, on vous (re)met ici notre mini vidéo sur ce que nous avons vu à Bunaken en Indonésie :

On s’était aussi dit avant de rentrer qu’il ne faudrait pas parler sans cesse de nos aventures, qu’il fallait qu’on s’impose comme une limite de temps de parole autour du voyage, pour ne pas saouler nos potes et nos familles.

En fait il se passe des trucs tellement dingues en tour du monde (en couple différemment du voyage en solo d’ailleurs), qu’il est vraiment très difficile pour ceux qui ne sont pas partis dans de telles conditions de comprendre ce que ce long voyage a pu produire sur nous. On en veut bien évidemment à personne, car on sait que chacun en France est resté dans sa routine (sans jugement négatif de notre part attention), dans son quotidien de boulot, souvent son quotidien de vie parisienne, avec ses verres en terrasse, ses discussions autour de son nouveau job, de son potentiel achat d’appart et de ses prochaines vacances – ce qu’on faisait avec eux avant. Nous, pendant quasiment 1 an, on a vécu l’équivalent d’une vie dans une vie, une expérience de malade qui nous a sûrement changés pour le reste de nos jours.

Ce constat, on l’a fait par nous-mêmes à notre retour en France, même si nous y avions été “initiés” par le retour de différents voyageurs que nous avons croisés avant notre départ ou avec qui nous discutions sur les réseaux sociaux. Ils avaient bien raison, et finalement heureusement qu’on était conscient de tout ça avant de rentrer pour ne pas être trop déçus !

Peut-être que certains lecteurs auront (eu) une impression différente, et on peut le leur souhaiter, en tous les cas pour d’autres qui s’apprêteraient à partir ou à rentrer, ne vous attendez pas à ce que vos amis, vos familles et vos collègues vous accueillent comme le messie : au-delà des gros câlins de retrouvailles vous vous rendrez vite compte que chacun a gardé sa place en vivant très bien sa vie sans vous, et que vous reprendrez la vôtre aussi naturellement que vous l’aviez laissée avant de partir.

En bref, on s’est finalement dit qu’on était hyper heureux d’être partis à 2 parce qu’on peut aborder n’importe quel sujet de notre voyage à n’importe quel moment, se dire “putain c’était trop bien” en repensant à un moment précis, revoir des photos et des vidéos avec émotion quand on le souhaite, se remémorer que ce voyage c’était le voyage de notre vie et que c’était le truc le plus fou qu’on ait jamais vécu ensemble. Après, pour relativiser aussi 🙂 on a plaisir à pouvoir rencontrer et revoir d’autres voyageurs (ou même à échanger avec des tourdumondistes sur les réseaux sociaux !) ou avec les personnes dont on a croisé la route, car on aborde le sujet avec décontraction et qu’on se rend compte qu’on partage pas mal de convictions communes.

Paris : « c’est désormais vraiment fini entre nous »

S’il y avait bien une certitude qu’on avait depuis plusieurs mois avant de revenir en France, c’était celle qu’il nous serait IMPOSSIBLE de reprendre notre vie comme avant, comme si de rien était, et encore moins de continuer à vivre à Paris. Ben oui quoi, on vous laisse imaginer : passer de l’immensité de la nature et de la solitude en Patagonie à un 40m² pour plus de 1000 euros / mois, c’était juste pas possible… Certes, c’est sûr qu’on a été collé serré dans notre tente ou dans certains logements aux 4 coins du globe, mais on avait quand-même envie de retrouver un certain confort à notre retour en France. Alors, même si de base nous adorons Paris, même si c’est là que nous nous sommes rencontrés, même si tous nos meilleurs potes y vivent, il fallait qu’on coupe définitivement le cordon pour de nouvelles aventures autre part en France. D’ailleurs, maintenant qu’on se sait beaucoup plus adaptable, il nous fallait cette dose de nouveauté à notre retour pour ne pas finir blasé au bout de 2 semaines post tour du monde !

OK, donc Paris, c’est fini, mais on va où ?

On doit avouer qu’on a pas hésité très longtemps, entre Nantes et Lyon. Nantes pour l’océan, Lyon pour la montagne : beau programme ! Finalement, c’est parce que nous avons rencontré plusieurs Nantais et ex-Nantais pendant notre voyage que nous avons fait notre choix : il faut dire qu’ils ont su facilement nous convaincre des charmes de la ville, de sa qualité de vie et de son dynamisme économique. Arnaud ayant obtenu sa mutation (très sympa l’entretien téléphonique avec son futur patron passé en caleçon depuis une chambre d’hôtel en Malaisie – tenue de circonstance car il faisait beaucoup trop chaud 😉), c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés 1 mois après notre retour dans une nouvelle ville que nous ne connaissions pas mais avec un tas de choses à découvrir et de projets à construire. On vous parlera de Nantes dans un prochain article, ça nous semble être un bon programme. #teasing

Nouveau quartier !
Et ça c’est quand on décide de partir le week-end voir l’océan, à 1h de chez nous… Ca change clairement de la banlieue parisienne 🙂

Aujourd’hui, c’est absolument sans regret que nous avons quitté Parismême si pour moi, Claire, la recherche d’un nouveau job n’est pas si simple – et nous n’avons clairement pas l’intention de retourner y vivre quand on connaît notre qualité de vie ici !

Après, pour être transparent, on sait que nous ne passerons probablement pas notre vie à Nantes mais que nous serons amenés à changer encore de lieu de vie, on ne sait pas quand ni où : l’avenir nous le dira !

Tout ce qui ne nous avait pas manqué pendant notre tour du monde… et qu’on a malheureusement retrouvé à notre retour

Assez facile à deviner, non ?

En lien direct avec le paragraphe précédent, on peut tout de suite penser au triste adage « métro – boulot – dodo » qui, NON NON NON, ne nous avait pas du tout manqué pendant ces 9 mois et demi de voyage ! Notre tour du monde a vraiment été une pause salutaire pour nous faire prendre du recul quant à notre ancien mode de vie qui n’avait aucun sens (le pire étant de se taper 1h de ligne 9 et de ligne 13 pour Arnaud tous les matins et tous les soirs…). C’est aussi pour cette raison que la solution de quitter Paris s’est imposée d’elle-même : nous ne voulions plus de ce mode de vie où l’on s’entasse quelque soit le lieu : dans nos apparts, dans le métro, dans les bars, en club ou en terrasse…

Il y a d’autres choses aussi que nous avons retrouvées à contre cœur dès notre retour en France, même carrément le 1er soir de notre retour lorsque nous avons pris le RER B pour rentrer de l’aéroport de Roissy à Gif-sur-Yvette. Ce soir-là, on aura tout eu, comme une belle surprise made in France spécialement conçue pour nous rappeler à la réalité du comportement irrespectueux des Français dans les espaces publics. Voilà les différentes scènes qui se sont enchaînées lors de ce trajet en soi anodin sur le RER B (qui déjà il faut l’avouer, s’est déroulé sans encombre en pleine grève de la SNCF, fait suffisamment rare pour être souligné) :

  • A peine montés dans le RER, nous avons eu la chance de rentrer dans une rame que l’on dira dégueulasse : des sièges sales, un sol tâché et parsemé de détritus un peu partout (quand on repense à la propreté des transports par exemple à Sydney, ça fait tout drôle !)
  • Ensuite, nous avons eu la chance d’avoir un passager fumant sa cigarette oklm dans le wagon, comme si c’était normal – bien sûr, vas y que je te jette mon mégot ensuite parce que c’est comme ça que ça se passe…
  • Puis, au tour de plusieurs mecs de se pointer à St Michel avec une enceinte en mode bluetooth, le son à fond de balle (le reggaeton nous avait manqué ! #blague) – c’est quoi cette manie aujourd’hui de se balader avec son enceinte et d’imposer sa musique à tout le monde ?!
  • Ce n’est pas fini, ensuite – malheureusement – plusieurs personnes complètement bourrées sont montées dans le RER et hurlaient…
  • Et puis cerise sur le gâteau, on a eu droit pendant 1/2h à la conversation d’une femme qui racontait sa vie à un tel niveau sonore que tout le monde dans la rame pouvait en « profiter » (apparemment, notre voisin blasé semblait résigné car il nous a indiqué vivre ça tous les soirs à la même heure…).

Voilà, c’est sans doute un coup de malchance d’avoir enchaîné tout ça mais ça nous a vraiment fait bizarre ce brusque retour !

Puis ce sont d’autres types de gestes et de faits qui nous ont gonflés durant les jours qui ont suivi : voir des vélos Gobee.bike complètement défoncés laissés à l’abandon au milieu des rues à Paris (on a vu des systèmes équivalents à Sydney et Hong Kong avec toujours des vélos en bon état, en France Gobee.bike a abandonné son projet à cause des actes de vandalisme…), voir des gens jeter leur paquet de clopes vides par la fenêtre et nous faire insulter parce qu’on leur avait fait la remarque qu’il y avait des poubelles pour jeter ses déchets, voir des tonnes et des tonnes de mégots joncher le sol sur les quais, se rendre compte que Paris devient de plus en plus sale, reprendre le métro blindé, galérer dans le RER à cause de différents incidents, ou encore observer les gens stressés et usés par leur train de vie qui les dépasse… On s’est vraiment demandé ce qu’on faisait là, en fait. Ou plutôt, on s’est dit que ce n’était plus ce modèle de vie que l’on voulait pour guider nos vies.

Un Gobee.bike laissé à l’abandon dans une rue parisienne

Enfin, s’il y a bien une dernière chose qui ne nous avait pas manqué, ce sont les prix pratiqués en région parisienne ! 10 balles le mojito, 15 euros une salade etc… Après 5 mois en Asie, le retour à la réalité des pays développés était bien là.

En avant marche vers le 0 déchet (en tous cas, vers moins de déchets !)

A peine une semaine après notre retour en France, une copine nous a vanté un livre qu’on trouve désormais partout en librairie mais pas que : “Famille (presque) Zéro Déchet – Ze Guide”.

Nous étions déjà plus que conscients du problème puisque nous l’avons vécu de plein fouet un peu partout pendant notre tour du monde, et notamment à Bunaken sur l’archipel de Sulawesi (Indonésie – cf notre vidéo plus haut). De plus, depuis quelques mois (merci le big data), c’est au quotidien que nous découvrons des vidéos, photos et articles abordant le problème de la surconsommation, celui de l’apparition d’un 7ème continent – celui du plastique, une réelle décharge flottante qui mesurerait près de 3 fois la taille de la France ! –, celui de l’obsolescence programmée ou encore la problématique liée au recyclage ou à l’enfouissement des déchets notamment dans les pays sous-développés (on pense tout de suite aux déchets électroniques finissant dans des décharges sauvages en Afrique)…

D’ailleurs, le saviez-vous ? Jusque-là l’Europe et les Etats-Unis par exemple exportaient plus de la moitié de leurs déchets plastiques et papier collectés vers la Chine (alors que nous croyons souvent qu’ils sont recyclés chez nous !), qui a décidé de fermer ses portes à ce type de business en 2018 pour des raisons écologiques. Pour en savoir plus, on vous met en lien un petit article sur le sujet : “La Chine ne veut plus être la poubelle du monde, les pays riches paniquent”.

La couverture choc d’un numéro de National Geographic au printemps (source : National Geographic)
Un pauvre hippocampe accroché à un coton-tige : le type de déchet qui détruit la faune sous-marine… (source : National Geographic)
Une véritable décharge à ciel ouvert (source : National Geographic)

De fait, conscients de ce que vit notre planète (pensant d’ailleurs qu’on va vraiment droit dans le mur) et convaincus que ce n’est pas au niveau de nos États que les choses changeront vraiment – il n’y a qu’à voir comment les lobbies influencent les décisions prises sur des sujets comme le glyphosate ou encore le fait que notre modèle économique repose uniquement sur le rapport travail / pouvoir d’achat (vous n’avez jamais remarqué qu’aux infos, on ne fait que nous parler de notre pouvoir d’achat et qu’on nous incite à consommer, consommer et toujours consommer ?) – nous avons décidé d’agir simplement, comme on le peut à notre échelle, au quotidien. Nous sommes très très loin d’être parfaits, mais nous progressons de semaine en semaine pour tenter de diminuer nos déchets !

Les actions “0 déchet” que nous avons prises jusqu’ici :

  • Acheter un maximum de produits en vrac (toute notre épicerie finit ainsi dans des bocaux qui trônent fièrement dans notre cuisine).

  • Utiliser des tote bags chaque fois qu’on va faire nos courses : nous n’avons pas récupéré un seul sac plastique en magasin depuis que nous sommes rentrés ! #fierté

  • Utiliser des sachets en papier pour les fruits et légumes, et pour le pain, que l’on ramène à chaque achat plutôt que d’en consommer de nouveaux.

  • Boire uniquement l’eau du robinet – on ne comprend d’ailleurs pas cette manie qu’ont les gens d’acheter de l’eau plate en bouteille en plastique, un désastre écologique à nos yeux ! Et non, il faut arrêter de croire que l’eau du robinet est dégueulasse, c’est simplement une question d’habitude… Nous on peut vous affirmer après des mois passés sans pouvoir boire l’eau du robinet sous peine de tomber malade qu’on est heureux de pouvoir le faire aujourd’hui !

  • Arrêter d’acheter des jus de fruits tout faits sauf exceptionnellement en bouteilles en verre (que l’on a conservées chez nous depuis et que l’on utilise au quotidien).

  • Conserver les pots de confiture en verre pour en refaire nous-mêmes 🙂

  • Tout cuisiner nous-mêmes, sauf très rares exceptions – à bas les plats préparés ! Notre objectif à date est d’apprendre à faire les naans ou les fajitas 😉 D’ailleurs Arnaud emmène son déjeuner homemade tous les jours au travail dans un unique tupperware sans BPA, ce qui réduit considérablement ses déchets par rapport à la pratique d’acheter un sandwich ou une salade chaque midi. Et en plus, c’est bien plus économique !!

  • Acheter des gourdes en inox sans BPA (et oui, le plastique risque de migrer dans les aliments ou boissons !) qu’on emmène partout avec nous désormais.

  • Acheter des pailles en inox – à bas les pailles en plastique !!

  • Investir dans un lombricomposteur, qui contrairement à ce que certains pourraient croire, ne pue pas en intérieur ! Il est placé aujourd’hui dans notre cuisine, les vers grouillent et font leur travail, on y dépose toutes nos épluchures et c’est royal ! 🙂 NB : on s’est renseigné pour installer un composteur partagé dans notre jardin de copropriété mais impossible malheureusement… Quant aux composteurs partagés de quartier, l’idée est top mais il n’y avait pas assez de créneaux en semaine pour gérer en toute praticité nos déchets ! Si vous souhaitez en savoir plus, cliquez ici 🙂

Oh les jolies pailles en inox
La folie des bocaux – et en prime, du muesli fait maison trop bon !

Tout ça fait que, à date, nos poubelles se sont vite bien moins remplies, ce qui nous rend satisfaits de notre démarche. On sait qu’on peut aller beaucoup plus loin ! L’important est de garder le cap et d’y aller petit à petit 🙂

#BonASavoir : on peut déposer dans son lombricomposteur toutes les épluchures et déchets sauf les agrumes (trop acides pour ces petites bêtes). On peut aussi y mettre ses cheveux, et oui ! Les vers faisant leur travail, ils se reproduisent et leurs propres déjections produisent un jus composant un engrais de qualité qu’on peut ensuite utiliser pour ses plantes !

Et si on consommait mieux et qu’on essayait de moins dézinguer notre planète (et notre santé) ?

Un autre point qui a marqué notre retour en France concerne notre rapport à la consommation au-delà de l’aspect surconsommation et gestion des déchets évoqué juste avant.

Après tout ce que nous avons vécu en tour du monde, et ce que nous avons appris de ce qu’il se passait sur notre planète et pour notre santé, nous avons vraiment décidé d’être beaucoup plus attentifs à ce que nous souhaitions consommer : alimentation, vêtements, produits ménagers, cosmétiques… Tout était à remettre en cause ! Non pas que nous ne faisions pas attention avant, mais il y avait très clairement des choses à revoir 🙂

Dans les premiers jours qui ont suivi notre retour, quand on est retourné au supermarché, on s’est senti vraiment pas bien. Entre les emballages et suremballages partout, les produits bourrés d’huile de palme, les produits d’hygiène comportant des substances nocives pour la santé ou les fruits et légumes plein de pesticides qui détruisent la biodiversité et sont néfastes pour la santé, on était mal barré… Bon, sans exagérer non plus, on a dû se réadapter ! Et trouver des alternatives pour une consommation plus saine, plus respectueuse de l’environnement et garante de conditions de travail décentes.

Les choses se sont mises en place assez naturellement à notre arrivée à Nantes et durant les derniers mois : là encore, on essaye pas de tout révolutionner, simplement de faire des petits pas au quotidien et de bien s’informer – au risque de passer pour des bobos, on assume totalement puisqu’on est aligné avec nos convictions.

Là aussi enfin, on s’est documenté en achetant notamment le livre devenu désormais bien connu : “0 plastique 0 toxique”, nous incitant à opter pour des astuces et des actions DIY (= Do It Yourself) dans notre quotidien.

Les actions “pour une meilleure consommation” que nous avons prises jusqu’ici :

  • Acheter un maximum de produits bio surtout pour les fruits et légumes, mais surtout acheter ces produits au maximum auprès de producteurs locaux ou a minima français (car les tomates bio produites en hiver dans les serres surchauffées d’Espagne sont une hérésie, qu’on se le dise).

  • Consommer des produits de saison, la base diront certains !

  • Réduire considérablement notre consommation de viande, car ça pollue énormément et contribue au réchauffement climatique, et car que foncièrement on en a pas tant besoin (on était déjà pas hyper consommateurs avant…).

  • Bannir les plats préparés, remplis d’additifs mauvais pour la santé. Redite par rapport aux points évoqués plus haut : on cuisine tout ou quasiment tout nous-mêmes !

  • Bannir le jambon blanc, bourré de nitrite de sodium (mais crotte, le jambon fumé et le saucisson en comportent aussi… on a encore des progrès à faire).

  • Bannir les produits comportant de l’huile de palme (pour rappel la production d’huile de palme détruit les forêts primaires et met en danger d’extinction les orangs outangs, entre autres), comme les pâtes à tartiner (même si nous n’étions pas de réels consommateurs de ces produits), le peanut butter (qu’on trouve dans une formule pure désormais) ou certains produits comme le savon…

  • Bannir le glutamate de potassium ou certains additifs alimentaires mauvais pour la santé qu’on trouve dans certaines préparations asiatiques par exemple, les bouillons, ou toujours dans ces fameux plats préparés.

  • Utiliser du savon solide pour se laver – à bas les gels douche remplis de perturbateurs endocriniens et générant des déchets plastiques non recyclables à cause de leur emballage.

  • Passer en mode DIY petit à petit, pour nos produits d’hygiène notamment : à ce jour, nous avons testé le déodorant, le shampoing et le liquide vaisselle faits maison ; bientôt ce sera au tour de la lessive et d’autres produits 🙂 NB : pour ce qui est des protections d’hygiène féminine, évitant la cup menstruelle car contre-indiqué en présence d’un stérilet, je compte tester prochainement les serviettes lavables de type Plim, affaire à suivre…

  • Ne plus acheter de vêtements / chaussures sauf cas vraiment exceptionnel ou réel besoin ; ou alors, acheter des vêtements de seconde main – continuer à acheter des fringues à bas prix contribue largement à encourager des pratiques néfastes pour l’environnement et pour le respect des individus qui travaillent dans des conditions plus qu’indécentes.

  • Mettre des plantes vertes permettant de respirer mieux dans notre appart, en plus ça donne une jolie déco 🙂

  • Opter pour un fournisseur d’énergie 100% verte – fini donc EDF, nous avons choisi Mint Energie si vous voulez tout savoir (mais il y a d’autres alternatives très bien aussi !).

Encore une fois, là aussi on est loin d’un résultat parfait mais nous gardons nos objectifs et nous apprenons tous les jours ! 🙂 Concernant la nourriture, étant quand-même assez gourmands, on doit reconnaître que chaque repas est devenu un vrai kiffe : on est heureux de manger les bons petits plats que l’on se prépare chaque fois !

En mode Do It Yourself
Déodorant fait maison : huile de coco vierge bio, bicarbonate de soude et huiles essentielles de tea tree

Le retour au travail

En guise de sous-titre, on pourrait dire : “on doit vraiment rester assis derrière un ordi toute la journée ?!”.

Nous sommes rentrés mi-avril 2018, à la mi-mai Arnaud était de retour au boulot. On peut clairement dire que sa mutation était plus que bienvenue – au-delà du fait de déménager hors de Paris – pour la simple et bonne raison qu’il a intégré un bureau plus petit avec davantage de proximité humaine entre les différentes parties prenantes, et qu’il change actuellement de domaine de compétence ce qui lui apporte nouveauté et apprentissage dans son quotidien.

En revanche, on ne va pas se mentir : ce n’est pas simple tous les jours que de se retrouver à faire des Powerpoint assis derrière un ordinateur toute la journée ou presque, alors que pendant presque 10 mois on se levait chaque matin avec le sourire à l’idée de gambader dans la nature, rencontrer de nouvelles personnes et découvrir de nouvelles choses.

Me concernant (Claire), à ce jour je n’ai pas encore retrouvé de travail car d’une part le marché nantais en RH est très tendu, d’autre part car je suis bien plus exigeante qu’avant quant à la structure que je souhaite intégrer et au métier que je souhaite exercer. Moi qui viens de la grande distribution où le suremballage et la surconsommation sont rois (et malgré le fait d’avoir été très très attachée à ma précédente boîte à qui je dois énormément), il m’était clairement impossible et impensable de retourner travailler dans ce secteur. J’aspire aujourd’hui à trouver un job qui non seulement ait du sens (la vraie question du siècle non ?), me permette d’agir avec un certain degré d’autonomie et de responsabilités mais surtout à avoir un impact social. Je me permets d’explorer différentes pistes, d’observer les situations en termes d’expérience candidat (étant auparavant Responsable Sourcing et Marque employeur, c’est super intéressant de passer de l’autre côté de la barrière !), d’avoir le luxe de pouvoir dire non et surtout de me laisser le temps de faire le(s) bon(s) choix. On verra où me mèneront ces réflexions et façons de procéder, peut-être devrai-je changer d’avis ou renoncer dans quelques mois… Qui vivra verra !

En attendant, toujours pour ces questions de sens et d’impact, et contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, je me lève tôt tous les matins et trouve largement de quoi m’occuper en cette période pas simple qu’est la recherche d’emploi surtout après tout ce qu’on a vécu. Entre les démarches administratives à faire pour notre arrivée à Nantes, notre installation (ben oui, on avait plus rien en partant en tour du monde !), tous les produits et plats que je fabrique au quotidien, le blog que je continue à gérer, les lectures, les entretiens, le MOOC que je vais débuter (“Devenir entrepreneur du changement”), j’ai surtout pris plaisir à entrer dans une démarche de bénévolat d’action et de compétences. Depuis juin, j’expérimente et j’agis localement : coaching en recrutement pour des personnes à la recherche d’un emploi (avec l’asso COJOB Nantes ou à partir de septembre pour Mozaïk RH, cabinet de recrutement et conseil RH spécialisé dans la promotion de la diversité), bénévolat auprès de Pro Bono Lab (une association qui fait un travail formidable en fédérant différents acteurs autour de l’engagement de ses compétences au profit de structures à finalité sociale) ou d’Empowernantes (là aussi une super asso, promouvant le bénévolat sur-mesure – au-delà de l’aide que je leur apporte directement, j’ai par exemple pratiqué un cours de danse avec des personnes en situation de handicap ou aidé des bénévoles du Secours Populaire à préparer un espace dédié à la revente de produits pour des personnes dans le besoin), je suis hyper heureuse de pouvoir faire ce type d’actions qui m’apporte beaucoup au quotidien.

Mais où est Claire ?! On vous laisse chercher !

La question de fond qui demeure dans tout ça, encore plus depuis qu’on est rentré en France, est la suivante : “elle est où notre place, aujourd’hui ?”. C’est un sujet que l’on aborde au quotidien, essayant de trouver des réponses à la hauteur de cet enjeu de taille.

Envies de vagabondages, encore et toujours…

Bon, après avoir dit tout ça, on en est où par rapport au sujet qui nous a habité pendant des mois : le voyage ?

Là encore, on ne va pas se mentir, on se demande au moins une fois par semaine (au début c’était tous les 2 jours, on progresse) : “c’est quand qu’on repart ?!”.

Pour toutes les raisons évoquées auparavant, c’est sûr que la réadaptation au mode de vie “traditionnel” de nos sociétés développées n’est pas simple. Pour autant, pour des raisons pas seulement budgétaires mais surtout réfléchies : non, nous n’allons pas repartir en tour du monde tout de suite – on ne sait pas d’ailleurs si on repartira en tour du monde un jour. Repartir maintenant serait fuir la réalité en quelque sorte. Alors, même si le voyage nous habite au fond de nous, même si on aimerait pouvoir bosser et voyager en même temps (mais non, nous n’avons pas les compétences qu’ont les digital nomads), nous avons envie de pouvoir nous ancrer maintenant dans le temps présent, dans les enjeux du XXIème siècle, en France et près de nos familles.

Nos esprits vagabonds, posés à Nantes désormais, continuent à vagabonder un peu c’est sûr. Mais avec une vision un peu différente. Aujourd’hui, nous sommes heureux d’aller nous aérer l’esprit le week-end au bord de l’océan ; nous sommes heureux de découvrir la France notamment la côte Ouest que nous ne connaissions quasiment pas. Nous sommes ravis au quotidien de pouvoir capter une lumière, un son, de profiter de l’instant présent. Nous avons aussi fait le choix d’aménager notre appart aux couleurs de notre tour du monde : nous avons tiré des agrandissements de nos plus belles photos de voyage pour se retrouver ici ou là en Patagonie, aux Philippines ou en Bolivie.

Après la pluie, le soleil (à Nantes)
Silence, ça butine (ouf, toutes les abeilles n’ont pas disparu !)
Toujours amoureux des couchers de soleil, ici sur l’Erdre à côté de Nantes
Aperçu de notre nouveau chez nous, avec nos photos de voyage encadrées

Il y a enfin un point qu’on se doit d’aborder dans cet article. Celui que, après des mois et des années même à voyager dans le monde, nous souhaitons aujourd’hui prendre plus de temps pour voyager en Europe mais surtout en France. Nous savons que nous irons randonner dans les Pyrénées ou dans les Alpes, nous savons que nous retournerons en Corse la plus belle île du monde quoiqu’on en dise, et que d’autres aventures viendront. Cet été, nous saurons profiter d’une petite semaine de vacances, en Bretagne tout simplement. Au-delà d’un souhait patriote tout simple, nous souhaitons aussi diminuer nos trajets en avion puisqu’ils ont un impact écologique assez catastrophique pour la planète. Conscients que notre bilan carbone en tour du monde était très très mauvais, nous devons nous les premiers faire un effort sur ce sujet.

Voilà venu le temps de conclure ce passage et cet article que nous espérons avoir été pas trop plombant pour vous 🙂 C’est avec plaisir que nous posterons de nouveaux articles dès septembre, car comme vous l’avez compris : nous aurons d’autres destinations pas si lointaines à partager selon nos futures découvertes !

Nouvelles aventures à suivre !

Pour aller plus loin, quelques ressources utiles…

Pour celles et ceux que cela intéresse, voilà ci-dessous une petite liste de ressources utiles (magazines, blogs…) que nous apprécions avoir avec nous désormais :

  • Blogs et sites web

Famille Zéro Dechet

Consommons sainement

Pour trouver un composteur partagé près de chez soi : “Je veux mon bac bio !”

  • Lectures

Socialter, 1er magazine papier et digital consacré à l’économie nouvelle génération et aux créateurs de solutions innovantes

Kaizen, “construire un autre monde pas à pas”

WeDemain, une revue pour changer d’époque

Petit manuel de résistance contemporaine, Cyril Dion

L’entraide, l’autre loi de la jungle, Pablo Servigne & Gauthier Chapelle (la suite du petit manuel de collapsologie dont on a beaucoup parlé !)

0 plastique 0 toxique, Aline Gubri

Famille (presque) zéro déchet – Ze guide, Jérémie Pichon & Bénédicte Moret

  • Reportages vidéos

Thema, sur Arte

Le dessous des cartes, sur Arte

Quelques émissions spécifiques qui nous ont marqués : “Prêt à jeter” (sur le thème de l’obsolescence programmée) – “La Méditerranée va-t-elle passer l’été ?”

  • Boutiques (et e-shops) 0 déchet

Ô Bocal, 1ère boutique indépendante bio, vrac et zéro déchet de Nantes

La Maison du Zéro Déchet, à Paris

Kufu Zero Waste

Plim.fr

  • Associations pour faire du bénévolat / mécénat d’action ou de compétences

Pro Bono Lab

Benenova (à Paris, Lille, Nantes) – Empowernantes (à Nantes, comporte Benenova Nantes)

Passerelles et Compétences

France Bénévolat

Et plein d’autres à découvrir… N’hésitez pas à compléter la liste en commentaires !

3 réactions au sujet de « Le retour (partie 2) »

  1. Salut,
    Très bel article dans lequel je me suis totalement retrouvé! C’est choquant de voir autant de déchets dans des endroits paradisiaques, et comme vous le dites il faut l’avoir vu pour réaliser l’ampleur du désastre… Je suis en train de créer un blog, et je réfléchis justement à faire des articles sur comment voyager le plus écologiquement possible. Peut-être avez vous des bons livres à me conseiller à ce sujet (votre photo de couverture le suggère)??
    Bonne continuation!

    1. Bonjour Vincent,
      Merci pour ton commentaire !
      On est bien content quand d’autres partagent le ressenti qu’on a suite à long voyage 🙂 C’est vrai que cela chamboule pas mal les consciences !
      J’approuve tout à fait l’idée de voyager plus écologiquement, je crois que l’initiative est pas mal partagée ou en tous cas de plus en plus en vogue – cf les gites 0 déchet par exemple. Cela dit, le 1er impact est l’empreinte carbone, donc si on allait au bout de cette démarche il faudrait arrêter de prendre l’avion par exemple… ou en tous cas le prendre moins ! On en est là dans notre réflexion 🙂
      Sinon pour être plus soft je pense qu’il faudrait peut-être aller sur du conseil concernant les transports et les activités locales ? le type de matériel à emmener en voyage ? (genre gourde, paille filtrante, matos, vêtements éthiques…)
      Sur les livres, on a malheureusement rien de précis à te conseiller sur des sujets spécifiques liés au voyage, mais voilà des livres et revues qu’on a avec nous désormais comme des guides : les bouquins 0 déchet, la revue Kaizen, Socialter ou encore WeDemain qui est top !
      Je suis désolée si je ne t’aide pas trop 🙂 en tous les cas tiens-nous au courant de ton projet, ça donne envie de le suivre !
      Claire

      1. Salut Claire,
        C’est vrai qu’il faudrait limiter l’empreinte carbone, et malheureusement on n’a pas encore inventé un mode de transport rapide et écologique pour se rendre en Asie!
        Le matériel à emporter est important aussi c’est vrai 🙂
        Et merci pour ces suggestions, au contraire c’est des bonnes infos!
        J’essaie d’avancer dans cet ambitieux projet, je te dirai quand ça aura évolué!
        A plus tard 🙂
        Vincent

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