Talca et la région de Maule

Talca et la région de Maule

Après notre super dimanche à la campagne chez Arturo et sa famille, nous avons repris le bus en direction du nord. Il nous restait quelques jours avant d’arriver à Santiago, nous avons donc consulté différents blogs de voyage pour trouver quelques occupations ; nous voilà donc partis pour Talca, à 3h au sud de Santiago et capitale de la région de Maule !

Petite vidéo de 4 minutes sur notre escapade dans la vallée de Maule dispo ci-dessous : 

Resituons-nous géographiquement

En septembre, nous avons parcouru tout le nord du Chili notamment en traversant la région désertique d’Atacama et en descendant jusqu’à Valparaiso. Début octobre nous avons entamé la remontée du sud du Chili, passant par la Carretera austral, Chiloe et la région des lacs et des volcans. Désormais nous voilà dans la partie centrale du pays, une région où le climat peut être aride avec ses 35-40 degrés en été (en ce moment au printemps il fait entre 20 et 25, ça nous change du froid de Patagonie !), mais surtout une région connue pour ses productions viticoles comme la production de Carmenere avec la région du Bio Bio et la région de Libertador General Bernardo O’Higgins – tandis que la valle del Elqui où nous avions été en septembre est davantage réputée pour sa production de pisco.

Vignes de la valle del Maule

Arrivée à Talca

Nous sommes arrivés dans la ville en fin de journée, il faisait chaud, on a vite fait tomber nos doudounes ! De prime abord la ville ne nous a pas semblé très agréable, mais un peu loin du terminal de bus on aura pris plaisir à se promener dans les rues piétonnes et sur la place des armes. Ce qui nous a fait rire ici c’est la folie du completo, on trouve des stands qui en vendent absolument partout ! On a même vu un resto nommé “Completomania”, décidément on adore les Chiliens. 😅

Stands de completos !!!

#MinuteCulture : c’est quoi un completo ? Le completo c’est un sandwich dont les Chiliens raffolent, avec du pain style hotdog, une saucisse, beaucoup d’avocat, de la tomate et le tout recouvert d’une tonne de sauce ketchup, moutarde et mayo ! Il existe différentes variations du completo, sucré ou salé et même des chaînes de restauration rapide spécialisées dans le completo !

Maintenant que nous avons trouvé la technique, nous avons réussi à faire baisser le prix de la chambre proposé par la gérante de notre hostel, en lui indiquant que le prix sur booking était moins élevé que celui qu’elle nous avait annoncé. Et finalement… On restera ici 4 nuits en tout ! Comme il n’y avait personne, en tous cas au début (le dernier soir a débarqué une colonie de 25 cyclistes !), on était plutôt posé dans ce grand hostel avec salon confortable, une grande chambre, une cuisine, une terrasse/jardin pour nous et Cookie, le chien trop adorable. La proprio était très gentille et nous a fait un câlin au moment de partir pour finalement nous prendre en photo – décidément on a la cote avec les Chiliens 😃

Notre hôtel à Talca

La réserve nationale Altos de Lircay

En préparant notre arrivée à Talca, nous avions vu que se trouvait une réserve nationale au bord de la cordillère des Andes à environ 60 km de Talca, idéal pour nous pour faire un peu de rando ! Après avoir galéré à trouver des infos concernant les bus pour s’y rendre (les infos données dans le corner office de tourisme au centre commercial n’étant pas les bonnes…) nous avons fait confiance à Facebook et avons mis le réveil aux aurores pour prendre le bus à 7h15… le suivant étant à midi ! 2h plus tard nous sommes arrivés au bout de la piste empruntée par le bus et avons marché 2 bons km pour rejoindre l’entrée de la réserve avec tout notre matos de camping et notre nourriture sur le dos.

Et là, patatra c’est parti en vrille… le gardien de la Conaf (corporation qui gère tous les parcs et réserves de l’Etat) nous a formellement interdit de camper le soir arrivant car nous n’avions pas de réchaud ! Nous savons que les Chiliens veulent a tout prix éviter les feux de forêt avec les barbecues faits au feu de bois et ça se comprend parfaitement, mais là n’était même pas la raison : le gardien ne voulait pas nous laisser camper si nous n’avions pas de quoi prendre un thé ou un café le matin car selon lui nous pouvions avoir trop froid ! Alors que nous on était tranquille en tshirt à 9h du mat, se disant qu’on avait eu beaucoup plus froid en Patagonie ! C’est donc là que Claire a piqué une crise de colère incroyable, criant qu’il était hors de question qu’on ne campe pas la nuit ! Au point que le gardien l’a prise pour une folle et a finalement emmené Arnaud dans son pick up à quelques kms de là pour qu’on puisse louer un réchaud… sachant qu’on avait rien pour faire cuire quoique ce soit et surtout qu’on avait ni thé ni café ni aliments à cuire ! Par contre aucune vérification des duvets pour s’assurer que tu meurs pas de froid la nuit… #hypocrisieauplushautpoint #onvaencoreraquer

Nous voilà donc avec un réchaud sous forme d’une mallette en plastique, 3 000$ de location pour la nuit et 15 000$ de caution lâchés d’un coup…

Le réchaud !!

Après cette séquence émotion nous avons payé notre entrée au parc (tarif 2 fois + élevé que pour les Chiliens comme toujours et même pas un discount alors que 2 des plus beaux sentiers étaient fermés pour cause d’un peu de neige… On apprendra que l’un d’eux, l’enladrillado, avait rouvert le lendemain !) Puis nous avons installé notre campement. A noter que le camping à l’entrée de la réserve (Antahuara de son joli nom) est assez confort avec des douches, toilettes et un bon aménagement de chaque emplacement avec poubelle, table de picnic et ampoule électrique pour 3 000$ la nuit par personne ça va, on a vu pire !

Séquence émotion, notre dernière nuit en tente (avec la poubelle à gauche, sexy !)

Une fois nos affaires déposées nous avons commencé une rando qui nous a pris 6h et qu’on a trouvée bien plaisante : il s’agit du chemin menant au point 7 = le mirador de la valle del venado. Les sentiers pour rejoindre la laguna del alto et l’enladrillado étaient en effet fermés, dommage car ça avait l’air trop beau ! (L’enladrillado est une sorte d’immense dalle de basalte qui donne vue sur toute la cordillère des Andes aux alentours)

L’enladrillado quand il fait beau (photo internet)

Nous sommes passés par de grandes forêts où les arbres sentaient trop bon, on a vu des petites fleurs sauvages, une énorme araignée, des lézards bleus et verts super beaux, plusieurs pic verts et le soir un renard, de quoi ravir Arnaud !

Il est pas trop mignon ce renard ?

Après avoir traversé une sorte de plaine quasi désertique, nous sommes finalement arrivés au mirador avec une magnifique vue à 360°, super spot pour un bon picnic !

De retour au camping, on s’est posé un peu puis on a décidé de remarcher un peu, seulement 10 petites minutes par le sentier de Los Concones, pour “dîner” nos sandwichs moutarde, jambon cru, fromage sur un mirador avec vue magnifique sur le canyon en dessous et les montagnes alentours au soleil couchant. C’était notre dernier dîner en trek, notre dernière nuit sous la tente en Amérique du sud, le temps est passé tellement vite, on était un peu triste et heureux en même temps !

C’est finalement la meilleure nuit qu’on aura passée sous la tente de notre voyage (quoique le fromage qu’on a mangé la veille nous a donné bien mal au ventre car il était resté dehors toute la journée !!), sans avoir froid, donc bien sûr ce ****** de réchaud ne nous a servi à rien ! D’ailleurs il a fallu qu’on aille hurler à la porte du mec qui nous l’avait loué puisque celui ci dormait, c’était bien sûr hors de question de laisser 15 000$ de caution ! (Le gars vivait seul dans un espèce de débarras, entouré de chiens qui faisaient caca partout, on vous raconte pas l’état de crasse et de bordel du truc)

Pour rentrer à Talca nous avons eu la chance de savoir que le bus qui devait nous ramener est tombé en panne (une fois n’est pas coutume !), nous avons donc attendu pendant un certain temps avec 2 autres couples de voyageurs pour finalement prendre un minibus pour San Clemente puis un minibus pour Talca – le tout étant + rapide et nous revenant moins cher au final, youpi.

Talca !

Cocorico Curico, ce sera sans nous !

Le lendemain nous souhaitions prendre un bus pour Curico afin de nous rendre dans un autre parc national, le Radal siete tazas, où on peut apparemment voir de belles cascades d’eau de montagne. Nous avons appris que vendredi 27 octobre était férié au Chili (on comprendra plus tard qu’il s’agit du week end de la Toussaint) et cela explique peut être pourquoi il n’y avait plus d’hôtel bon marché dispo à Curico… On s’est donc reporté sur un airbnb. Et là, gros échec : le mec qui devait nous héberger était en fait à Santiago et nous a dit qu’il ne serait pas là avant samedi ! “Ok mais alors pourquoi t’as mis ton truc dispo si t’es pas là ?!” Il a donc fallu insister pour qu’il annule notre résa et on espère être remboursé comme il se doit. Du coup, big fail, on a abandonné le projet des siete tazas pour rester à Talca.

Les siete tazas… pour une autre fois ! (photo internet)

Journée off à Talca

On a profité du lendemain pour faire une journée tranquille, avancer sur quelques trucs administratifs et sur la préparation de la suite de notre voyage… Et pour se balader dans la ville. On a testé le bus city tour proposé gratos par la ville, pas mal mais c’était la sortie des écoles donc les enfants étaient tellement excités d’être là qu’ils faisaient plein de bruit et qu’on a rien entendu aux explications du guide haha.

On en a aussi profité pour manger dans une petite cantine locale et pour déguster de bonnes glaces de dulce de leche (= équivalent de confiture de lait, tout le monde en raffole ici), framboise, banane manjar (caramel) et chocolat blanc. Ici on se remplume, fini la turista bolivienne ! On finira ensuite par aller dans une clinique dentaire parce qu’Arnaud avait un peu mal aux dents… attention les yeux du fait qu’il n’y a pas de sécurité sociale ici les frais dentaires sont très élevés (+ de 200€ pour le devis d’Arnaud) ! On fera donc le minimum et comme Arnaud a de petites carries on fera donc plus attention dorénavant à ne pas manger trop sucré en espérant que ça tienne jusqu’au retour… 🙁 🙁

Vendredi c’est raviolis !… euh non, vendredi vamos a Constitucion ! (Claire commence à partir en vrille en écrivant les articles)

Après une nuit un peu courte car c’était visiblement la grosse teuf à Talca et le bruit nous a empêché de dormir, on était à 6h45 à la gare de Talca. Et oui, une gare pour prendre le train, pas de bus ! En effet un petit train de 60 places qui relie en 3h et demi Talca au village de Constitucion. Ce vendredi nous avions en effet décidé d’aller voir pour la dernière fois ici l’océan Pacifique ! Et on a eu de la chance, on a eu les places 52 et 53, pas mal de gens se sont fait recaler après nous…

Nous voilà donc partis pour un bon trajet en petit train, un peu trop long peut être mais on a bien aimé découvrir les paysages qui défilaient à la fenêtre : campagne toute fleurie, petits hameaux, vignes et plantations, rivières, forêts… encore une fois on se dit que la vie est bien paisible ici ! Le train s’arrête régulièrement en plein milieu de la cambrousse pour prendre les gens qui habitent en bord de voie.

Bon par contre une fois arrivés à Constitucion c’était un peu la déception : la ville est carrément moche ! Et puis on s’est offert un resto au déjeuner en goûtant une “paëlla marina” pensant que ça ressemblerait à la paëlla qu’on a en Europe, que nenni ! C’étaient des moules et d’autres trucs sans trop de goût marinant dans de l’eau chaude et sans accompagnement – apparemment la moule était quand même fraîche car on a pas été malade, ouf. On a aussi testé la pie de jaiba ou une sorte de pâte de crabe cuite dans une assiette en terre cuite qui ne nous laissera pas un souvenir fameux… On a fini par se balader sur la côte – seulement une partie est aménagée pour les piétons, sinon tout est fait pour les automobilistes… qui a un petit air d’Etretat avec des roches calcaires et du sable fin noir, mais la plage était sale – une odeur pestilentielle nous a pourri notre balade, on est tombé sur ce qui ressemblait à une carcasse de lion de mer ! – et derrière nous se trouvait… une usine fabriquant de la cellulose, c’était tout sauf joli. Quel gâchis ! On ne fera donc pas long feu ici et on rentrera à Talca retrouver nos 25 copains les cyclistes (dont on est ravi de partager les toilettes).

Notre dernière escapade nature est donc finie… Maintenant direction Santiago pour l’étape ultime de notre voyage en Amérique latine !

Avec la proprio de l’hôtel !

Infos pratiques (taux de change : 1 000$ = 1,37 euro) :

  • Bus Chillàn – Talca : 4 000$ / personne avec la compagnie Linatas, 2h de trajet
  • Hostal Talca : 21 000$ la chambre double avec sdb partagée et petit dej (25 000$ normalement)
  • Restaurant Talca (petite cantine) : menu complet à 3 500$ / personne
  • Glacier artisanal : 2 100$ pour 2 parfums
  • Bus city tour : gratuit, 40 minutes, départ de la plaza de armas
  • Office du tourisme : un comptoir se trouve dans le mail central de la ville, au rdc
  • Bus Talca – réserve nationale Altos de Lircay : 1 900$ / personne, 2h de trajet ; départ tous les jours à 7h15, 12h et 17h ; retour à 7h15, 9h15 et 17h10 (horaires à vérifier sur le site de la Conaf et sur Facebook)
  • Camping Antahuara (le 1er dans la réserve) : bien équipé, 3 000$ / personne / nuit. ATTENTION : les gardiens de la Conaf exigent que vous soyez équipés d’un réchaud
  • Rando Mirador de la valle Venado : environ 6h AR
  • Rando el Enladrillado : environ 7h AR
  • Rando laguna del alto : environ 7h AR avec un bon dénivelé au début ; il est aussi possible de faire une boucle avec el Enladrillado en passant par les crêtes ; bien se renseigner sur l’ouverture des 2 chemins en hiver et au printemps
  • Train Talca – Constitucion : 2 100$ / personne, 60 places dispo, aucune réservation au préalable, 3h30 de trajet ; la gare se trouve à l’entrée de la ville, proche du terminal de bus
  • Bus Constitucion – Talca : 2 700$ / personne, 2h de trajet ; départ toutes les 20 minutes au terminal de bus de Constitucion
  • Excursion aux siete tazas : il y a des bus partant de Molina, se renseigner sur Facebook ; prix d’entrée aux cascades 2 500$ / personne, 5 000$ / personne pour le parc national Radal (un peu plus loin) ; possibilité de camper dans le coin

 

Une réaction au sujet de « Talca et la région de Maule »

Laisser nous un petit commentaire

Scroll Up